Chapitre 1

Callie :
Juste vous et moi
Tome 1




Ashton Landers :

Agé de vingt-quatre ans, Ashton est l'enfant d'un chef d'entreprise exerçant une grande influence sur l'économie américaine et internationale. Un peu frivole, il enchaîne conquête sur conquête, jouant de son charme certain. Destiné à travailler dans le commerce, il n'hésite pas à marchander quelque peu soit la chose...Il a un don pour les affaires.


Anone Ashitaka :

Agé de vingt-quatre ans, Anone est le plus sage des quatre. Il a immigré vers New York sans un sou en poche, espérant fuir la pauvreté dans son pays. Connaissant peu la langue, il a dû se débrouiller seul. Il ressort de cette expérience un peu plus mûr et lucide sur la vie. Anone travaille dans un magazine de comics où il dessine certaines bandes dessinées.

Colin Swearth :

Agé de vingt-quatre ans, jeune photographe ambitieux et original, il apparaît parmi les nouvelles découvertes d'artistes de l'année. Bien qu'il soit pourvu d'un talent certain, Colin a un cancer du poumon et fait partie des nombreux patients sur liste d'attente de greffes. Son cas est critique mais il préfère vivre le présent sans pour autant prévoir un futur « american dream ». Il dégage une joie de vivre impressionnante et est d'une générosité étonnante.

Qu'est-ce qu'ont ces jeunes hommes en commun ?... Moi. Non seulement nous sommes quatre colocataires mais l'on peut dire que nous sommes "assez liés". Vous ne voyez pas ? Je vais vous éclairer. Mais, tout d'abord, je ne me suis pas présenter: Callie Spoons, vingt-trois ans, je suis journaliste dans un magazine féminin. Je possède ma propre rubrique qui consiste à répondre aux lectrices sur leurs soucis relationnels. Bref, dans mon cas, il est facile de se sentir concerner. Disons que j'ai une vie quelque peu complexe, tout ça sous le même toit. Mon profil ? Je suis de taille moyenne, mince, d'origine jamaïquaine, les cheveux mi-longs frisés et...célibataire. Bon, revenons à ces trois garçons : vous vous sentez un peu perdu ? C'est normal, commençons par certaines explications:
- Ashton est mon ex, nous avons rompu car notre relation ne menait à rien entre disputes et coups bas. De nature jalouse, il digère difficilement le fait que je sois plus proche de Colin, suite à notre relation. A-t-il encore des sentiments à mon égard?

-Anone, lui, est un simple ami que j'ai...disons, aidé en l'hébergeant chez nous et en l'aidant à s'adapter dans notre société. Il est arrivé à New York, il y a quelques mois, sans un sou en poche. Maintenant il vit à la maison ! Cette épreuve nous a vraiment rapproché au point que nous sommes devenus de bons amis.

- Colin et moi, nous nous connaissons depuis le lycée. Nous avons pris cet appartement ensemble avant l'arrivé d'Ashton. Je lui porte une attention particulière que les autres n'ont pas. En effet, il m'a aidé dans le passé et son état me touche au plus profond. C'est pour cela que je fais tout pour être là quand il a besoin de moi.
Voilà à quoi se résume ma vie de célibataire ! Eh oui, car après ça, je le suis toujours mais entre trois garçons, tous aussi mignons les uns que les autres, difficiles de ne pas flancher.






Un an plutôt:

Vêtements éparpillés sur le sol, fond de bouteille d'alcool, trace de rouge à lèvre sur un chemisier blanc, couverture en bataille, bruit de respirations essoufflées, une heure du mat'. Visualisez la scène. Il est à côté de moi, il est fiancé et il est là.
- On fait quoi maintenant ? Demandais-je.
- Difficile à dire...on recommence ?
- Ashton, t'es malade ou quoi ? T'es fiancé !! Dis-je énervée.
- Tu ne disais pas ça quand....
- Ta gueule ! Pff... Nous voilà bien. Disons que c'était sous l'effet de l'alcool. C'est vrai, on était pété et on a fait une connerie...
- Je tiens à préciser que j'étais entièrement lucide à cet instant, dit-il malicieusement.

Il se redresse afin de se mettre à la même hauteur que moi. Je fixe le fond de la chambre. Comment ? Ca s'est passé comment ? On a bu, on a ri, on a bu, on a ri, on a bu et ...Oh! Il y a des scènes de sa mémoire qu'on voudrait bien effacer par moment. Ah ! Ce n'est pas possible ! Je suis pas comme ça d'habitude...je me contrôle, mais là, c'est du n'importe quoi !
- Eh ! Chuchote-t-il à mon oreille. C'est pas la fin du monde, on l'a fait qu'une fois...et pour être honnête: je ne regrette rien.
- Euh Ashton...qu'est-ce que...
- Je t'aime Callie, dit-il avant de m'embrasser profondément.

Il ne manquait plus que ça ! Il m'aime ! Et il est fiancé....

Voilà comment la relation entre Ashton et moi a commencé, dans l'ombre de la nuit, à l'abri des regards. Cela faisait seulement trois jours qu'il venait d'emménager dans l'appartement que je possède avec Colin. J'avais deux solution qui s'offraient à moi : où je refusais ces sentiments ou je m'engageais à suivre une relation sur un coup de tête.

Numéro 1 : je suis très impulsive.





Six mois plutôt


- Mr. Swearth, nous avons les résultats de vos examens.

Le sang ne circule plus dans nos mains tellement qu'elles se serrent. Nous ne voulons pas nous regarder dans les yeux, de peur de craquer avant l'autre au cas où...Alors on le fixe, lui, ce médecin qui nous dévisage, prenant un malin plaisir à nous faire attendre tout en faisant une tête d'enterrement. On espère qu'il va sourire. Juste une fois. Un petit rictus suffirait. Allez, juste un léger sourire en coin, pitié...
- Mr. Swearth, vous êtes atteint d'un cancer du poumon qui est à un stade trop avancé pour utiliser quelques traitements simples. Vu votre état il se pourrait que....

Je n'entends plus rien. Je reste sous le choc : « Colin a un cancer du poumon à un stade avancé ». Seuls ces mots me trottent dans la tête. Comment ? Comment est-ce possible ? Colin...avoir un cancer ? Non, ça ne peut pas être possible, ils se sont trompés.
- Vérifiez ! criais-je en coupant la parole au médecin.

Les deux hommes me dévisagent bizarrement, apercevant mes larmes coulées sur mes joues, alors que je n'en reviens pas. Le spécialiste reprend :
- Mlle. Spoons, vous devez comprendre...
- Vérifiez ! insistais-je. Refaites les analyses, il y a forcément une erreur...Colin n'a pas le cancer.
- Mademoiselle...
- Faites-le, bon sang ! m'énervais-je.
- C'est déjà fait ! me coupe Colin.
- Quoi ? dis-je tétanisée.
- C'est...c'est déjà fait, avoue-t-il. Il y a quelques mois déjà, j'ai fait cette analyse. Aujourd'hui, ce n'est que la confirmation de mon état critique. Alors arrête Callie, c'est fini. Tout ce que tu pourrais faire c'est l'accepter.
- ...


Voilà. C'est ici que j'ai commencé à soutenir mon meilleur ami, Colin. Que nos mains se sont resserrées comme jamais, que nous avons été destinés à rester côte à côte. C'est là où j'ai espéré, pour la dernière fois, un miracle.


Numéro 2 : Je suis dévouée.

 

 

Trois mois plus tôt


- Bonjour à tous, je m'appelle Anone Ashitaka, j'ai vingt-quatre ans et je viens des Philippines. Je suis arrivé à New York il y a deux mois de ça, et je n'ai pas de domicile. Un jour, je dors sous les ponts, le lendemain dans un garage de cargaisons. Ma vie est assez chaotique mais je m'en sors en faisant des petits boulots et en dessinant quelques BD pour certains comics.
- Merci Anone d'avoir partagé avec la salle votre quotidien. Espérons qu'il s'arrange au mieux. Nous pouvons l'encourager, dit l'animatrice en commençant à l'applaudir, suivi de l'assemblée qui ne tarde pas à faire pareil.

Quelques minutes plus tard, à la fin de la soirée. Le jeune asiatique s'isole près du buffet où il boit un café. J'approche timidement de lui et utilise comme prétexte qu'il a oublié sa veste, pour entamer une conversation.
- Merci, dit-il en reprenant le vêtement oublié.
- De rien. Euh...j'ai suivi ce que tu as dit tout à l'heure et j'avais une proposition à te faire, enfin si je peux te tutoyer...
- Oui, bien sûr. Quelle est ta proposition ? demande-t-il.
- Et bien voilà, avec deux autres garçons, je tiens un appartement. On est colocataires quoi : chacun a sa chambre et il y a Colin, un des colocataires, qui a un lit superposé et une chambre assez grande pour deux.
- ...
- Ce que j'essaie de te dire par là, expliquais-je, c'est que, ça ne nous dérangerait pas que tu habites avec nous.
- Je...je ne sais pas quoi dire, dit-il embarrassé. Je ne veux pas, non plus, me retrouver dans un lieu avec des tensions entre coloc'.
- Oui, je comprends. Au fait, moi c'est Callie Spoons, me présentais-je. Bon, au cas où ça t'intéresserait voici mon numéro. Tu n'as qu'à m'appeler et on en reparle. Bon, je te laisse. Salut.
- Salut, et merci !


Voilà, c'est ici que j'ai rencontré Anone et que je lui ai proposé d'emménager avec nous. Très vite, il accepta ma proposition bien sûr, sinon il n'apparaîtrait pas ici ! Ce fut le départ d'une nouvelle vie pour lui et d'une nouvelle amitié pour moi...
Numéro 3 : Je suis un peu altruiste.









Chapitre 1 :
Pot de Nutella pour quatre.


Vivre avec plusieurs garçons est le rêve de toutes les femmes en ce monde. Seulement dans les rêves, les garçons c'est nous qui les imaginons. Résultat, la réalité est bien décevante :
- T'es tombé dans le trou ou quoi ? Allez Colin, ouvre cette porte !s'énerve Ashton.
- Anone, t'as pas vu mes chaussures rouges ? demandais-je.
- Colin, si t'ouvres pas cette porte, je me vide la vessie sur ton lit !
- Ashton, comment veux-tu que je termine ce que je fais si tu m'interromps toutes les cinq minutes ?! marmonne Colin en sortant enfin de la salle de bains.
- Ashton, tu pourrais arrêter de manger des spaghettis à la bolognaise en portant mon T-shirt ? C'est pas un tablier mon truc ! s'exclame Anone en faisant sa lessive.
- Eh ! Pour la dernière fois, où sont mes escarpins rouges Dior ?! criais-je.

Voilà le rythme insoutenable et quotidien de notre vie. Vivre avec trois personnalités totalement différentes, sans compter la mienne, donne une vie assez rythmée. Bien sûr, c'est Colin qui prépare le café et nous nous servons petit à petit. Ashton, l'homme d'affaires, est toujours le premier à partir.
- Au revoir les nazes !
Deux heures plus tard, c'est Anone qui part :
- A ce soir !

Puis, une demi-heure après c'est Colin et moi, les deux inséparables, qui partent travailler. Et ça c'est tous les jours. Nous prenons le taxi ensemble et, arrivés à quelques kilomètres, nous nous séparons : chacun part de son côté. L'un sort de la voiture, l'autre reste dans le taxi.


Une fois que les portes de l'ascenseur s'ouvrent me voilà prête à affronter mes collègues égocentriques et puérils, ainsi qu'à retrouver mes amies : Rachel et Eva. Le comble, lorsque l'on vit avec plusieurs garçons, c'est de ne sortir avec aucun d'eux. Certes, je suis sortie avec Ashton mais cela ne compte plus puisque nous avons rompu. Je m'installe à mon bureau, mon espace particulier, et commence à ouvrir ma boîte mail afin de voir ce que nos chères lectrices ont pu nous écrire :
« Chère Callie,

Mon ex vient de m'apprendre qu'il va se marier avec ma sœur, il y a deux jours. Lorsqu'il m'a dit ça, je lui ai coincé la main dans la porte parce que j'étais énervée mais je me rends compte que je l'aime encore. Son mariage est dans un mois, que faire ? Omaya.»
- Eh ben, elle n'a pas de chance la « Omaya ». Bon : « Chère Oma...
- Salut Callie ! s'exclame Eva.
- Salut Eva, ça va ?
- Mouais, je prépare mon voyage en France pour le fameux défilé du semestre ! dit-elle toute excitée.
- Cool ! m'exclamais-je. Tu vas pouvoir découvrir Paris.
- Eh ouais ! me nargue-t-elle. Mais ne t'inquiète pas, je vous ramènerais, à Rachel et toi, de beaux vêtements. Sinon, comment vont « tes hommes » ?
- Premièrement, ce ne sont pas « MES » hommes, expliquais-je. Et deuxièmement, ils vivent toujours. Je vais anticiper ma réponse à ta question de chaque jour : non, je ne sors avec aucun d'eux.
- Tu cherches un petit ami alors que tu possèdes trois hommes. Tu ne t'en sers pas, rit-elle. Bon, on reprendra cette discussion à midi ?
- Non, je ne peux pas. J'ai rendez-vous avec Colin, on va déjeuner ensemble.
- Qui ça ? Le cancéreux ?
- Arrête de l'appeler comme ça, dis-je sur un ton légèrement autoritaire.
- Désolée Callie, je plaisantais. Bon allez, alors à plus tard, achève-t-elle avant de retourner à son travail.

Eva est quelqu'un d'assez spontanée et ne réfléchis pas à ce qu'elle dit : néanmoins, elle sait toujours redonner le sourire à ses amis et me soutiens dans les moments difficiles. Un peu excentrique, cette grande jeune fille aux longs cheveux bruns et à la silhouette fine est toujours prête à faire les choses les plus loufoques dans un défi. Elle serait capable de marcher pieds nus dans les rues de New York. Enfin, bon, c'est pour ça qu'on l'aime.


12 h 00 : au restaurant « Le goûteux »

- Mmh ! J'adore ce restaurant français ! m'exclamais-je en mangeant de délicieuses « feuilles de brique ».
- Tu dis ça à chaque fois qu'on vient ici, rit Colin.
- Mouais mais c'est tout de même vrai ! Dis-moi Colin, tu as reçu un coup de téléphone du médecin ?
- Euh...oui, hier soir je crois. On a parlé quelques minutes : il me disait qu'il restait toujours l'implantation du poumon artificiel et que des traitements pouvaient toujours apaiser mes douleurs.
- Tu devrais peut-être penser au poumon artificiel, dis-je songeuse. Ce n'est pas si mauvais que ça, du moment que ça marche.
- Callie...Tu sais combien ce truc coûte ! s'exclame Colin. Je n'ai pas la somme d'argent requise pour m'offrir une telle opération.
- Oui, mais...

Une serveuse vient nous interrompre afin de débarrasser notre table. Elle dévisage toujours Colin lorsqu'elle vient nous voir. Enfin c'est compréhensible : Colin est grand et mince, brun aux yeux bleus. Son côté mystérieux et réservé lui donne un certain charme. En plus, il n'est pas coureur de jupons mais il ne veut plus avoir de relation, de peur de s'attacher à quelqu'un et que ce cancer rende les choses encore plus difficile à vivre. Donc il reste seul, au grand désespoir de ces dames.
- Deux cafés avec deux sucres chacun, merci, commande-t-il. Pourquoi tu me dévisages comme ça ?
- Oh, pour rien. Tu lui plais à cette fille, soupirais-je malicieusement.
- Callie, soupire-t-il, tu sais très bien mon avis sur ce sujet.
- Oui, et je sais que toutes les filles se retournent pour mater ton cul dans la rue, et là aussi j'ai mon avis sur ce sujet.
- Je n'ai pas besoin de petite amie : je t'ai et ça me suffit amplement.

Je rougis. Colin n'a pas l'habitude de dévoiler ses sentiments. Et à chaque fois qu'il le fait, on ne s'y attend pas. Une fois, alors qu'une fille lui faisait une scène pour lui avoir posé un lapin, il a dit : je t'aime. La fille n'a plus rien dit, elle ne s'y attendait pas le moins du monde, pas plus qu'Ashton, Anone et moi qui étions présents à ce moment là. Les mecs n'en revenaient pas. Je crois que c'est parce que ces moments sont rares que sur l'instant, ça fait énormément plaisir. Je sais ce que vous vous dites : pourquoi elle ne sort pas avec lui ? Honnêtement, je ne sais pas, je ne l'ai jamais vu comme un petit ami mais disons que ça me laisse un peu perplexe : autant on peut s'embrasser sur la joue, se faire des câlins et se faire des soirées entre nous, autant on peut se parler comme deux vieux copains. Une complicité telle qu'on arrive difficilement à savoir si c'est de l'amour ou pas. Néanmoins, Ashton ne reste pas indifférent à l'affection que je porte à Colin. Bref, un cycle sans fin. Nous finissons par quitter le restaurant pour retourner au boulot.



Au secours ! Mes pieds sont en feu ! Je n'aurais pas dû mettre mes escarpins. Je tourne le verrou de la porte, en jurant de la faire réparer et l'ouvre enfin. A ma grande surprise, j'aperçois Rachel, assise sur le canapé devant la télé tout en mangeant un yaourt, portant la chemise d'Ashton (je le sais, je l'ai déjà porté). Je dépose mes affaires, stupéfaite :
- Rachel ?!
- Oh ! Callie ! dit-elle gênée. Oups...
- Quoi « oups » ? Et qu'est-ce que tu fais ici ? Demandais-je.

Au même moment, Ashton sort de la douche, une serviette autour du cou gouttant sur son torse nu. En me voyant, il écarquille les yeux :
- Qu'est-ce que tu fais là ?! Je ne savais pas que tu rentrais à cette heure-ci ! s'exclame-t-il.
- Oui, eh bien au cas où tu ne l'aurais pas remarqué : je suis chez moi aussi ! Visiblement, je dérange...Au fait Rachel, Ryan, ton fiancé, a appelé au bureau. Tu devrais le rappeler, dis-je sèchement.

Sur ces mots, je pars m'isoler dans ma chambre, furieuse. Ma chambre : seul espace vital que je possède. Elle me reflète un peu : tout le mobilier est rouge, marron ou noir. J'aime bien cette ambiance avec l'odeur légère de l'encens, mon armoire et mon bureau en bois de chêne, ainsi que mes petites étagères rouges. Je m'effondre sur mon lit, essayant de raisonner :
- Non, mais j'hallucine ! Je suis chez moi, non ?! Bon allez Callie, calme-toi. Ashton couche avec qui il veut et toi...Toi, tu restes zen.
- Ashton est assez vache, reconnaît Anone qui venait de rentrer. Je suppose que la fille dans le salon, tu la connais.
- Ah Anone, salut. Oui, en effet, cette fille est une amie à moi. Le temps qu'elle parte, je resterais dans ma chambre pour ne gêner personne puisque je n'habite pas ici à ce que je vois, grommelais-je.

Il rit avant de s'asseoir à côté de moi. Il me fixe pendant quelques minutes :
- Je déteste quand tu fais ça, me plaignais-je.
- T'es jalouse de Rachel ?
- Quoi ?! Mais...mais non ! Tu dis vraiment n'importe quoi ! Ashton est un pauvre type, un crétin de première classe.
- Tu dis ça lorsque tu es énervée, soupire-t-il.
- Eh bien cette fois-ci, je le pense.
- Ca aussi, tu le dis souvent, reprit-il.
- Anone ! criais-je.
- D'accord ! Je me tais... De toute façon, je dois préparer le dîner. Colin est vraiment le seul à pouvoir te raisonner.

Il finit par sortir de ma chambre, me laissant bougonner seule. Sa dernière phrase m'a fait tilt malgré tout : « Colin est vraiment le seul à pouvoir te raisonner », il n'a pas tellement tort. Mais c'est lui qui me connaît le mieux c'est normal. Je suis toujours en colère après Ashton, et décide de la noyer dans de la musique rock !


Le bruit des couverts contre l'assiette se fait entendre durant tout le dîner. L'ambiance est tendue et, comme si ça ne suffisait pas, Rachel mange avec nous. Depuis le temps, Colin est rentré et de temps à autre, il rit de la situation. Je regarde mon assiette, jouant l'indifférente. Ashton reste perplexe face à mon comportement : il s'attendait quand même pas à ce que je sois jalouse ? Ou alors il a de l'espoir. Rachel n'ose pas me regarder en face, ce qui m'amuse. Anone ne remarque pas les tensions qui nous opposent tous à cette table, et entame la discussion :
- Eh ! Colin, j'ai publié la BD qu'on a faite l'autre jour : ils ont adorés.
- C'est vrai ? ! s'étonne Colin. D'ici là, on fait 50/50 pour nos futurs best-sellers. Par contre je tiens à mettre le joli minois de Callie dedans, plaisante-t-il.
- Bah pourquoi moi ? demandais-je surprise.
- Il faut bien une jolie fille dedans, renchérit Anone en jetant un regard complice à Colin.
- Arrêtez de vous moquer de moi, vous deux, riais-je. Si vous me mettez dedans, je veux des droits d'auteur et rencontrez mes fans pour qu'ils puissent voir l'originale en chair et en os...
- Tu leur montreras ton côté colérique ! se moque Ashton.
- Très drôle...dis-je ironiquement.

Je débarrasse la table et demande à Colin de m'aider à faire la vaisselle. Nous en profitons pour parler à voix basse :
- Détends-toi ma Callie, Rachel est ton amie. Elle n'ose même pas dire un mot à cause de la gueule que tu tires, explique Colin.
- Elle a un fiancé ! insistais-je. Le pauvre, il ne mérite pas ça.
- Puis-je te rappeler que tu as été dans la même situation, il y a un an avec Ashton.
- Ca va, j'ai compris le message, dis-je en soupirant. Je vais être plus gentille.
- Ah ! Là, je te retrouve ma Callie. Tu dors avec moi ce soir ? propose-t-il.
- Si tu veux, mais on se fait un film avant ! Un film...d'action ! m'écriais-je.
- Va pour un film d'action, acquiesce-t-il.

Il va dans sa chambre, tandis qu'Ashton me lance un regard noir : j'adore quand il est jaloux ! J'adore me faire désirer ! Et ce que j'adore par-dessus tout, c'est: le torturer...


Rachel est finalement partie, embarrassée, sans que je lui adresse la parole. Anone regarde le film avec Colin et moi. Puis il finit par aller se coucher avant nous, ne pouvant plus tenir debout. Je commence à m'assoupir sur la poitrine de Colin, quand j'essaie tant bien que mal de résister. Alors que mes paupières se referment, je suis réveillée par un bruit de vaisselle. Je me redresse et observe Ashton en train de laver une assiette : faire la vaisselle à vingt-trois heures ?
Colin affiche un sourire en coin, en voyant le comportement enfantin de son ami. Il me dit :
- Bon, t'es fatiguée à ce que je vois. On reprendra la suite demain...
- Euh...ouais, dis-je en bayant.

Nous nous levons et allons dans sa chambre. Je ne remarque même pas, le regard noir d'Ashton qui, pour la seconde fois, me fusille. Je dors souvent avec Colin, pour nous c'est très anodin et contrairement à Anone, Ashton lui n'a pas vraiment accepté la chose. Pour l'instant les états d'âmes d'Ashton m'intéressent bien moins que l'idée de m'enfouir sous la couette avec Colin.

Le lendemain, je me réveille à 10 h 00 pile. J'adore les samedis, c'est ce jour là que je vois Eva et Rachel en ville, après un après-midi shopping et manucure. Mais aujourd'hui, ce samedi me paraît plus qu'étrange : il pleut, Eva n'est pas là et Rachel n'est pas prête de passer la journée avec moi. Qu'est-ce que je vais faire ? J'arrive dans la cuisine où les garçons dégustent ou préparent leurs petits-déjeuners. Colin avec ses fameux pancakes au sirop d'érable, Anone et ses œufs sur le plat avec deux tranches de bacon et Ashton avec son bol de céréales et ses tartines au Nutella. De vrais petits marmitons, la preuve étant qu'ils pensent à moi :
- Tiens Callie, dit Anone, je t'ai mis ton fondant au chocolat sur cette petite assiette avec un muffin et un brownie.

Aaah ! Mon « Triple Chocolat Douceur» ! Ca c'est le truc qui me fait fondre. Je le prends tous les premiers samedis du mois. Malheureusement, je ne sais pas pourquoi, il ne me donne pas envie. Je m'installe devant ses trois douceurs et les contemple :
- Ils ont l'air bon, soupirais-je.
- Comment ça « ils ont l'air » ? Habituellement, tu ne prends même pas la peine de te poser des questions avant de le manger, remarque Colin qui mange en face de moi.
- T'es malade ? demande Anone.
- Tant mieux, au moins elle ne grossira pas, se moque Ashton avant de disparaître dans sa chambre.
- Non mais on est samedi les gars ! m'exclamais-je. Regardez le temps ! De plus, mes amies sont aux abonnés absents.
- Passes la journée avec nous ? Propose Anone.
- Bière, porno, base-ball...Désolé Anone mais ce n'est pas pour moi tout ça, plaisantais-je.
- Mais non ! On va sortir et te trouver un mec...explique-t-il.

Au même moment, Colin s'étouffe avec son café, et Ashton ouvre brusquement la porte de sa chambre. Les deux hommes fusillent du regard Anone :
- T'as pas une autre bêtise à nous sortir ? demande sèchement Ashton.
- Pour une fois, je suis d'accord avec Ashton, confirme Colin en terminant de boire sa tasse.
- Anone...appelais-je.
- Oui ?
- Tu es sérieux ? insistais-je.
- On ne peut plus sérieux, commence-t-il. Tu nous as toujours sur le dos, tous les jours. Il serait bien que tu puisses être avec un homme que tu aimes. Bien sûr, il devrait correspondre à nos attentes, rajoute-t-il malicieusement.
- Encore heureux ! s'exclame Colin. Tu ne crois quand même pas qu'on va te laisser sortir avec un junkie, ou un punk, ou un dealer !
- Si le mec ose lever la main sur toi, je m'en occuperais personnellement, déclare Ashton pensif sur un ton plus posé.
- Euh...en fait, il devrait vous plaire ? demandais-je troublée.
- Ne t'inquiètes pas, rit Anone, le principale est qu'il te plaise mais vaux mieux que ce soit pareil pour nous. Après tout, c'est ici que vous ferez vos ébats, non ?
- Quoi ?! hurlent les deux autres colocataires.
- Hum...Anone, dis-je embarrassée, évitons de parler de cet aspect.
- Je veux bien mais il faut que ces deux-là soient conscients que certains privilèges seront finis, continue Anone en commençant à ranger nos assiettes.
- Quels privilèges ? s'inquiète Colin.
- Bah, il serait normal que le futur Mr. Callie n'accepte pas le fait que tu dormes avec sa douce, ou encore vos câlins, vos baisers « amicaux »...et le pire : qu'elle reste dans une maison, entourée de trois garçons.
- Eh ! doucement ! m'exclamais-je. Je suis bien ici moi, et s'il m'aime vraiment il devra accepter le fait que je sois proche de vous trois. Après on pourra peut-être envisager un éventuel déménagement.
- Bon bah alors, cet après-midi on va en ville attraper le gibier pour cette demoiselle, achève Anone.

Un silence s'installe, tandis que celui-ci s'en va dans sa chambre. Je me retrouve avec Colin et Ashton qui, visiblement, ne sont pas très enjoués à l'idée de me trouver quelqu'un. Je décide de briser la glace :
- Euh...vous n'êtes pas obligé de venir, si vous voulez. Je ne vous en voudrais pas.
- Pourquoi on ne viendrait pas ? demande Ashton sur un ton agressif. De toute façon, tu finiras bien par nous lâcher un jour ou l'autre. Alors autant anticiper ton départ.

Sur ces mots, il quitte la cuisine ne m'accordant même pas un signe d'attention quelconque. Ses paroles me blessent profondément, ce que mon confident remarque très vite. Colin vient près de moi, et m'enlace :
- Ne t'en fais pas. Tu connais Ashton ? Il dit toujours n'importe quoi sous l'effet de la colère. Et puis, Anone a raison : tu ne vivras pas toute ta vie ici.
- On dirait que cela vous préoccupe malgré tout, dis-je.
- Disons qu'il nous est difficile d'imaginer notre vie sans notre petite femme de la maison, soupire-t-il anxieux. Tout le monde ici s'est attaché à toi Callie, surtout Ashton. La vie de la maison serait assez chamboulée.
- Mais...moi aussi, je suis habituée à vous : surtout à toi. Et, bien que cela puisse paraître étrange, je ne me suis jamais imaginée une vie autre que celle-ci, en dehors de ces murs.

Nous restons un moment blottis l'un contre l'autre, sans que personne ne puisse briser cet instant, ni amour, ni amitié : juste nous.


J'aurais dû m'en douter : ce samedi là, il pleuvait.

Les Histoires et certaines images présentent sur ce site appartiennent à Canell.

Veuillez respectez son travail et ne pas le reproduire.

®Tous Droits Réservés®

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×