Souffle de vie : épisode 7

Souffle de vie/ Heartless 7





- ...Tu en es responsable Liv, mais n'oublie pas que ce sont tes mots qui l'ont sauvé, juste eux.

Cette remarque me piqua. N'avais-je donc aucune importance ? N'y avait-il que ma bouche qui fut nécessaire ? Je compris que l'effet du thé se dissipait doucement lorsque ma susceptibilité me rattrapa. Après tout, c'est vrai. Je restai une fille ordinaire et mes illusions qui rêvaient d'une aventure rocambolesque au côté de Cillian, n'avaient peut-être aucun sens. Cette vérité m'atteignit avec une telle violence que j'en eu des larmes aux yeux. J'étais à fleur de peau. Ce thé me permit de voir à quel point j'étais malheureuse, malheureuse d'être seule dans un train de vie qui ne me convenait pas. Dans cette vie à l'engrenage répétitif, je me perdais dans un cycle sans fin qui obstruait une partie de moi. Celle-ci était rêveuse et ne demandait qu'à vivre un peu, à découvrir d'illustres aventures et aussi...Et aussi...
- Liv ?

Et aussi, peut-être, l'am...
- Liv ?! s'enquit Liam. Est-ce que ça va ?

J'essuyai mes larmes, gênée, sous le regard suspicieux de la vieille femme. Cependant je ne pus m'arrêter de pleurer, la gorge nouée. En temps normal, nous avons tendance à retenir nos pleurs mais cette faculté, à cet instant, avait disparu. Je n'avais plus la force de me contrôler et laissai cours à cette vague de larmes longtemps enfermées. Tante Beth murmura :
- Je suis désolée Liv, je ne voulais pas vous blesser.
- Ce...Ce n'est rien ! dis-je, essayant d'afficher un lamentable sourire. C'est juste...je n'arrive plus à m'arrêter de pleurer. Je...Je n'arrive pas à...


Impossible de terminer ma phrase : mes sanglots avaient repris. Résignée, je ne me débattis plus avec mon subconscient et attendit que cela s'arrête. L'ampleur de ma tristesse ne faisait qu'augmenter de minute en minute, et il devenait vraiment embarrassant d'être la pleurnicharde de service. Ce soir-là, je crus que mes vannes ne se refermeraient jamais ! Mais, brusquement, je sentis un bras entouré mes épaules et me coller contre un torse brûlant. Mes pleurs s'arrêtèrent nets ! Je distinguai alors derrière mes larmes que Cillian m'étreignait tendrement, passant sa main dans mon dos pour me réconforter. Mes larmes diminuèrent peu à peu, mes gémissements s'effacèrent à leur tour, puis ce fût le silence qui reprit place. Je crois que c'est là que Morphée posa sa main sur mon front.


Plus de thé !
Voilà ce à quoi je pensais lorsque je me réveillai dans un petit lit. La performance des eaux d'hier m'avait suffit. Ce spectacle restera certainement l'un des plus embarrassants de toute ma vie. Mais, à dire vraie, il m'est agréable de penser à la douce étreinte de... ce scripte ? J'avais presque oublié cette histoire d'ascendants (d'ailleurs, je me demande bien quel signe astrologique peut-il être...Y avait-il un rapport ?). Je me redressai brusquement, réalisant que ce n'était pas ma chambre. L'idée que Cillian m'ait portée jusqu'ici me fit rougir de honte.
Je quittai les draps et remarquai que je portais une longue robe de chambre blanche en satin. Mes joues arrivèrent au stade du cramoisi, essayant de me persuader que Tante Beth s'était chargée de m'habiller. Je m'interdis d'envisager une autre version, trop effrayée de frôler la crise cardiaque.

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