Souffle de vie : épisode 3

Sans titre 3 (pitié, trouvez-moi un titre !)



J'inspirai profondément et me saisis de l'aiguille afin de refermer le cratère d'une âme perdue. Instinctivement, et, pour la première fois, je fus prise d'une envie surprenante. C'est drôle, la chanson se termina au moment où je commençai.
Je m'accroupis doucement, ma bouche à la hauteur de son oreille et, d'une main tremblante, laissa mes doigts parcoururent sa chevelure sombre. Une odeur de mûre et de miel en émanait tandis que je sentais l'humidité de la pelouse où il s'était effondré - certainement - encore dans ses cheveux, glacée ma peau brûlante. Ce contact direct avec la mort me donnait des frissons. J'aimais cette sensation surnaturelle que me procurait cette situation hors du commun, cette idée de transgresser les règles m'exaltait. Je décidai de repousser les limites. Humectant mes lèvres, je susurrai d'une voix presque inaudible :
- Je ne connais rien de vous, rien sauf votre visage, Cillian. Mais, j'aimerais vous promettre quelque chose...Un coeur pour votre âme. C'est beau, non ?
Silence.

J'allonge mon bras livre pour remettre ma musique au début tout en laissant ses cheveux boucler entre mes phalanges dansantes sous cette odeur fruitée.
- Je suis curieuse, continuai-je. Qui a bien pu vous faire ça ? Simple curiosité, je le reconnais...mais ça m'intrigue. Jeff a dit que...Non, Jeff est stupide. Vous l'aurez sans doute remarquer d'ailleurs. Enfin, je vais tenter de refermer la plaie et on pourra faire comme si de rien était.

Sur ces mots, je me redressai et commençai à recoudre, tout en chantant dans un chuchotis la mélodie que j'avais en fond.
C'était étrange comme il était facile de s'adresser à lui sans avoir peur de ce qu'il pensait agréable même.

*



- Bon boulot Liv, il passera la nuit ici et on viendra nous le prendre demain.

______Je me lavais les mains lorsque Jeff regardait d'un air satisfait le décédé. Ce qui était pour moi un être magnifique et mystérieux était pour lui un lamentable steak humain, seule raison l'empêchant de le manger d'ailleurs. Ca me dégoûtait.
- Oui, Mr Joeffrey.
- Bon, tu fermeras derrière toi. Allez, à demain.


Il éteignit la lumière de son bureau, ferma la porte puis m'abandonna dans la salle où reposait Cillian.


Il me fallut près d'une heure pour me décider. Je ne pouvais me résoudre à l'enfermer dans un tiroir en me disant que c'était certainement la dernière fois que je le voyais. Aussi étrange que cela puisse paraître, je m'étais attaché à lui. Ce n'était pas le premier mort que je voyais mais il me fascinait d'une étrange manière. C'était indescriptible mais sa présence devenait mon addiction.
- Tu sais qu'à cause de toi, soupira-je dépitée, je risque d'être poursuivie pour t'avoir laisser mourir...ou plutôt pourrir, avec pour seule excuse que je te reluquais ? Mais où va le monde ! Oui, je pense que nous pouvons nous tutoyer maintenant...Rah, je suis ridicule, je parle à un mort, qui plus est à la poitrine trouée. C'est d'un pathétique. Je crois que je devrais voir un psy. Enfin, je n'en serais pas là si tu vivais.
- Je suis désolé.
- Ce n'est pas grave tu n'as pas choisi de...OH MON DIEU !


Je bondis à un mètre de la table, me plaquai dos au mur, les yeux ronds, essayant de me rappeler de respirer si je ne voulais pas subir les blagues salaces de bienvenue que m'infligerait mon patron dirait demain matin en me voyant à la place du mort - épargnez moi le jeu de mots routier, je vous prie. De plus, l'idée de n'être recouverte que d'un drap fin pour seul habit sous les yeux de Jeff, m'exposait d'abord, à son esprit pervers et ensuite, qui sait, à son appétit cannibale.
Pendant que je délirais à l'idée d'être le petit déjeuner de mon patron, le mourrant, enfin le vivant serait plus approprié, était assis, me fixant de ses yeux bleus marbre aux nuances émeraudes. De quoi m'assommer encore un peu.
- Tu...tu....
- j'aurais préféré que ma tante s'en charge, me coupe-t-il d'une voix suave en souriant, mais tu il semblerait que tu l'ais devancé.
Géniale, maintenant, c'était ma faute, j'avais ressuscité ce mec pour qu'il me reproche de ne pas l'avoir laisser se faire dévorer par mon supérieur.
- Tu...Oh mon dieu...
- Respire, susurre-t-il en se levant.


Soudain, le drap qui enveloppait le reste en dessous de sa taille tomba à ses pieds. J'émis un cri de surprise mais mes yeux ne restèrent pas figés pour la même raison, cette fois...

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