La plus belle du monde...

 

 

La plus belle du monde.

 

Je n'ai jamais su vraiment comment qualifier notre amitié.

Helena pouvait être une amie formidable, le genre d'amis que l'on envie à l'âge où notre visage semble être un défaut de la nature.; alors notre attention se nourrit, s'autodétruit et envie de plus en plus, le visage d'à côté. Celui d'à côté, c'était celui d'Helena: un visage aimable aux yeux bleus en amande et aux cheveux blonds vénitiens, une silhouette féminie et coquette, donnant envie à l'homme de protéger cette brindille, cette porcelaine fragile et précieuse. Lèvres rosées, paupières farées d'une couleur crème...La légèreté et la beauté...

oui, Helena était magnifique. Le seul soucis étant qu'elle le savait, et, comme vous pouvez l'imaginer, les défauts de l'homme venait enlaidir cette beauté si sympathique: de critiques, en critiques, de coups bas en rupture...J'ai préféré la laisser, me laissant une chance. Je n'étais peut être pas aussi jolie, ni aussi coquette...mais j'avais mes propres valeurs qui ne demandaient qu'à voir le jour. Alors nous nous sommes quittés...

Les premiers mois devinrent une totale ignorance entre nous, puis la bise pour la bonne entente, et enfin un bref salut pour les convenances.  Et puis, les années passèrent, moi en prépa, j'imaginais Helena se dirigier vers la médecine, ne tardant pas à trouver son bonheur auprès d'une poignée d'homme qu'elle ferait mourir de plaisir...Je l'imaginais plus tard, sans doute encore plus belle que moi, et même le temps n'y ferait rien.

Du moins, c'est ce que je croyais.

Par inadvertance, un soir de neige où les transports se faisaient lents, je l'ai vu. C'est là que je compris la naïveté dont je faisais preuve. Bien sûr, j'entendis des dires sur son compte, à la belle Helena, mais comment pouvais-je y croire  ? Comment pouvais-je croire que les hommes suivaient sa garde robe ? Que Le fare avait laissé place à une poudre blanche donnant milles illusions ? Que l'odeur de parfum                                                                                                                 avait cédé place à la fumée de tabac ?

Comment pouvais-je croire que cette femme ? Cheveux sombres et insalubres, yeux rougis et gonflées,                                                                                                           visage creusé et silhouette vacillante...comment ces choses là pouvait se nommer Helena ?


La neige fondit, le mythe devint débris...

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