La promesse d'une nuit...

La promesse d'une nuit...music
Il n'arrivera pas à l'heure ce soir.

Je commence
à avoir froid sur le banc près du quai de son train. Mon bonnet et mon écharpe ne suffisent pas à réchauffer mon coeur. Espoir: peut-être qu'il arrivera tout de même, peut-être qu'un train avancera et qu'il sera le premier à descendre. Et pourtant... il fait déjà nuit noire.



- N
e regarde pas ta montre, susurais-je, allez April, ne regarde pas ta montre.



Quelle poisse ! Je n'ai aucun moyen de prévenir April, ma pauvre April. Elle doit m'attendre, se demandant où je suis sans que je lui dise avec qui j'étais, sans que je lui dise pourquoi je suis parti. Il fait nuit noire mais j'ose espérer que ce n'est que la lumière du wagon qui ne fait qu'influencer le paysage à travers la vitre. J'essaie de me persuader qu'il n'est pas trop tard.

J
e ne dois pas regarder ma montre, je suis certainement bientôt arrivé.



Le sommeil me prend. Non, je refuse. Il n'est pas assez tard, à vrai dire j'ignore l'heure qu'il est et je ne veux pas le savoir. Je commence à trembler et à maintes reprises le concierge me demandait de boire un café mais je refusais. J'ai fait du rôti avec une bonne purée maison, accompagnée d'une bouteille...d'une bouteille de vin et...et...et il y a la table que j'ai mise, avec de petites serviettes de tables beiges assorti à...à la nappe. Ce soir, on aurait dû manger à cette table, boire, rire, partager un moment à deux, un moment romantique comme il me l'avait promis. Il me l'a promis. Il l'a dit. Donc, il va arriver et quand je regaderais ma montre, il sera un peu avant 19 heures car..il me l'a promis.



Ne...ne
regarde pas...ta montre: 23h20




Le train freîne enfin. Les passagers exténués s'empressent de saisir leurs bagages. Je n'ai plus envie de descendre. J'ai peur de regarder ma montre. Je descends en dernier du wagon et alors que le quai commence à être désert, je vois une femme accoudé sur un banc, assoupi; C'est avec regret que je me rends compte que c'est April. Je m'approche d'elle. Elle s'est endormi. Je finis par regarder ma montre et me rend compte qu'il est presque minuit. Je lui caresse la joue ce qui la réveille. Elle se redresse et me voit, les larmes aux yeux. Affolée, elle me dit:


-
Mais où tu étais ? Je ne savais pas comment te joindre, tu avais dit avant 19 heures, non ? Alex, tu m'avais promis. J'ai attendu toute la soirée, tu sais quelle heure, il est ?! J'espère que tu as une bonne explication àe donner parce que je suis exténuée j'ai froid et...

- J'ét
ais avec mon frère.

-...
ton...frère ?

Je b
aisse la tête. Il fallait bien qu'un jour, elle le sache de toute façon, et puis cela devient de plus en plus lourd à porter.
- Al
ex, expliques-moi, demande-t-elle à bout de forces.

- To
us les ans, je vais voir de temps à autre mon frère et surtout à Noël, commençais-je. Mon frère est atteint d'un cancer de stade élevé et je suis le seul à le considérer puisque mes parents l'ont reniés après qu'il est décidé de ne pas suivre de traitements. Tu te souviens du poste que l'on m'a proposé il y a 3 ou 4 ans: eh bien c'est pour ça que j'ai refusé, je ne voulais pas que la presse s'empresse de mettre en première page "Alex et son frère, le mourrant" afin que toute la ville puisse contempler mon frère malade. Il ne mérite pas d'être exposé de cette manière, ni d'être malade d'ailleurs. Enfin bref, aujourd'hui je suis allé le voir et j'ai raté mon train pour te rejoindre, je voulais t'appeler mais je n'ai pas pu. Je m'en veux que tu ais attendu aussi longtemps sous le froid. Je tenaistout de même à le voir à Noël déjà que je le vois rarement. Je...




Les larmes lui viennent aux yeux. Je prends sa main entre les miennes afin qu'il me regarde et lui dit:


- E
t il a fallu tout ce temps pour que tu me le dises ?

- T
rès peu de personnes le savent April, avoue-t-il. Je voulais t'en parler mais je n'osais pas. Je ne veux de ta sympathie ou de ta pitié et puis tu n'as pas à subir ce que je vis avec mon frère. Je ne tenais pas à ce que tu sois au courant.

- A
lex! M'exclamais-je. Ton frère est malade et tu n'as pas affronter ça seul, ce n'est pas un poids pour moi et tu aurais dû me le dire avant. De plus...ça m'aurait rassurer de savoir que tu étais avec lui plutôt que tu partes sans rien dire et que je me fasse des films absurdes. Si tu m'aimes vraiment, tu dois me faire confiance comme moi je te fais confiance...

- Je s
ais, soupire-t-il le regard dans le vide.

C'est la première fois que lui et moi avons eu la notion de confiance. Je n'avais jamais compris à quel point, ce jeune homme était triste à l'intérieur de lui: c'est pour ça qu'il ne voulait pas que j'entre dans sa vie, parce que toute sa vie, personne n'a pu soupçonner ce qui lui arrivait. Il n'a jamais connu d'amour parce qu'il s'en privait. Ce secret me fait l'effet d'une vague et mes soucis m'importe peu maintenant que je sais la vérité. Alors que je médite quelques instants, il me dit:


-
Je t'aime...


Je relèv
e la tête, et le regarde avant de répondre avec un ger sourire:


- Je
t'aime aussi...

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