Frères de sang

- ...enfin bref, on se parle parfois mais,je crois que ça va devenir un bon ami, achevais-je.

Voilà plusieurs heures que je raconte à mon frère la vie que je mène: mon job, april, evan,erin, la patronne, la surprise que je réserve à ma petite amie. Ryan rit, me raconte, écoute, et vit cet instant avec moi. Cet homme de 30 ans, totalement chauve, ne quittant jamais son petit bonnet, le regard pâle mais toujours souriant est mon frère: Ryan. Je n'aurais jamais cru en parler à quelqu'un un jour mais...que voulez-vous, c'est april ! ^^. Il est heureux pour moi et ne redoute pas une seconde de la rencontrer. J'avoue que c'est moi qui suit réticent à cette idée, en fait je suis inquiet...et si ça se passait mal et si...
- Papa et Maman sont ve
nus, dit-il d'une voix faible.

Je sors de mes pensées e
t lui sourit:

- Ah oui ? Ils
se sont souvenus qu'ils avaient un fils ?

- Alex, soupi
re-t-il en riant. C'est déjà bien qu'ils l'aient fait étant donné les circonstances. Je vais bientôt mourir Alex...

- Tu dis ça à chaque foi
s, dis-je d'un air indifférent.

- Et à chaque fois, mon
état s'aggrave, dit-il en restant toujours serein. Tu ne veux pas voir la vérité en face mais je comprends. Tu sais, un jour, tu n'auras plus à prendre le train pour me raconter ta petite vie pleines de rebondissements, ni à m'amener un cadeau de Noël, ni à voir comment circule mon sang dans toutes ses perfusions. Alex, je ne serais bientôt plus là.

- Ryan...pr
ofitons du présent, dis-je agacé; Et puis, je ne suis pas encore près pour...ça.

- T
u sais, je te connais frèro, dit-il en riant. Tu es très sensible mais si je suis aussi abrupte avec toi c'est que je veux éviter que le jour venu tu ne sois surpris pas. Tu ne seras pas forcément à côté de moi...mais tu l'auras toujours été jusqu'à présent.

- Comment peux-tu garde
r le sourire en disant des choses pareilles? demandais-je au bord des larmes.

- Par
ce que c'est ça mon avenir et qu'il est mieux d'en rire plutôt que d'en pleurer, tu ne crois pas Alex ?

Je ne réponds pas tout de suite, trop sur le choc pour dire quoique ce soit sans pleurer. Dans des cas comme ça, on ne se dit plus "pleurer pour un homme est une preuve de faiblesse" car si ça ne sors pas ainsi ça ne sortira jamais et ça nous prendra tout entier: alors je préfère pleurer, ça me soulage. J'ai appris à pleurer sans en avoir honte et croyez-moi, c'est la chose la plus difficile que j'ai faite: apprendre. Je crois que c'est pour ça que je n'acceptais pas quelqu'un dans ma vie bien avant, un peu de chaleur pour une nuit me suffisait, c'était égoïste mais ça m'aidait à ne pas mourrir. Je ne voulais pas que quelqu'un me voit pleurer mon frère: je n'étais pas près. Personne à part Ryan m'a vu pleurer une seule fois. "Pleurer" un petit mot qui veut dire tant de chose, qui exprime tant d'émotion et pourtant...
Je m'approche et me blo
ttis contre lui comme si c'était mon père qui me prenait dans ses bras. Ses bras: ils étaient maigres ses bras, tout âle, dont les veines ressortaient, ternes comme lorsqu'on vous enlève un plâtre après deux mois et que votre peau est défraichie. Et pourtant ce n'est que dans ses bras que je me sentais bien, comme un enfant dans les bras de sa mère, ou de son père.Je n'en ai jamais vraiment eu... de père. J'ai toujours eu Ryan, en fait c'est out ce que j'ai eu, mais il a fallu qu'il attrape cette maladie pour que l'on se revoie de nouveau: c'est dur à avouer mais c'est là où nous nous sommes rapprochés.

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21h54. appartement.

Je dépose mon manteau,
exténué, les yeux rouges, et me dirige vers la chambre. April qui m'a entendu rentré se précipite vers moi et me prend dans ses bras. Elle fourr sa tête un moment dans ma poitrine tant que je reste immobile au bord des larmes: je dois me contenir, je ne veux pas qu'elle me parle avec sa voix douce, qu'elle me réconforte: [size=16px] JE NE VEUX PAS PLEURER DEVANT ELLE !

Elle déc
olle sa tête de mon torse, lève la tête et me fixe dans les yeux. Il lui a suffit d'une seconde pour comprendre ce qui n'allait pas.
- Alex,
ça ne va p...

- S
'il te plait, suppliais-je en évitant son regard. Je vais bien, je suis juste un peu fat...

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase qu'elle me colle contre elle aussi fort qu'elle peut.Mon coeur se contracte, ma gorge noue et les larmes commencent à déborder. Non, ne le dis pas...
- Alex
...

N
e le dis pas.
-
Je suis là...

Paf !* pire qu'un coup de tonnerre, pire qu'une lame tranchante en plein coeur: je comence à pleurer à chaude larme, la serrant contre moi, vidant tout ce que j'ai, tout ce qui a à lm'intérieur, sans un mot, je pleure, je soupire, j'injure, je veux qu'elle ne me quitte pas, je veux qu'elle reste près de moi, je l'aime, je ne veux pas que mon frère parte, je ne veux me retrouver tout seul, je ne veux pas continuer ma vie comme ça, j'en ai marre...

C'est tout...

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C
a brûle, ca pique, ca blesse, ca fait mal, ca soulage,ca nous aide, ca crie, ca déprime et c'est finit. Je me réveille doucement, après une sieste où j'ai pu tout évacuer. J'essuie mes yeux encore humides lorsque je sens une main me caresser le front. Je réalise que je suis allogé sur le canapé, la tête sur les genoux d'April qui me sourit inlassablement.Elle m'embrasse doucement et me dit:

- Ca
va mieux ?

J
e réflechis quelques minutes et répond, le sourire aux lèvres:

- April,
veux-tu emmenager avec moi ?


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*paf! CA FAIT DES CHOCAPIC ,ptdr!

frères de sang

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