Three day: Dans le champs...

J

Three day: Dans le champs...

Je sors souvent du cottage voir le chien de la propriétaire et sympathiser avec Matt. Il est vraiment adorable et n'arrête pas de me complimenter ! L'ennui, c'est que ses compliments ne font pas l'effet qu'il voudrait...Ses tentatives de dragues me passent comme de l'eau. Mais on discute souvent de tout et de rien et rien que ça: ça me soulage; par rapport à la pression que j'éprouve pour tenir une discussion avec Yann .
Pourquoi les hommes sont-ils aussi compliqués ? Je me demande si Kelly va me tuer à mon retour ? Et Andy et Daniel...comment réagirons-t-ils lorsqu'ils verront que Yann est l'illustre inconnu ? Je pense que Yann a longuement réfléchit avant de se lancer dans une telle embrouille susceptible d'empatir sur son couple et son amitié avec les autres mecs...J'espère seulement pour lui qu'il sait ce qu'il fait et qu'il ne fait pas tout ça pour moi.

Essentielle bohème
... Tels sont les mots qui m'inspirent à dessiner si longuement, perfectionner mon travail. J'ai le coeur qui palpite lorsque le vent caresse mes joues, je me sens si bien ! Hormis les histoires de coeur...

- Dis Lee, dit-il en machouillant un chew-gum, t'es déjà sorti avec un mec ?

- Non, pourquoi ? Demandé-je tout en continuant mon dessin.

- Alors tu ne sors pas avec ce mec qui est venu avec toi ? Dit-il étonné.

- Non, il sort déjà avec une fille, dis-je comme si de rien était. Et puis, nous sommes trop différents...

Ces mots sortent de ma bouche comme une brûlure: non, c'est faux ! Lui et moi sommes tellement en bon accord, nous nous entendons bien et je suis sûre que nous formerions un merveilleux couple si l'on était ensemble !
Je casse la mine de mon crayon sous mon impulsion. A quoi bon mentir, se priver de tout alors que c'est censé n'être que du bonheur, non ? Essentielle bohème. Je relève la tête, fixant le ciel bleu gris, comme les yeux de celui que j'aime, puis soupire:
- Je l'aime à la folie...

Matt sort de ses pensées et se redresse, choqué.
- Qui ? Ce mec ?

Je dépose mon tableau à côté de moi, dans l'herbe qui nous entoure, puis rejoins mes genoux vers moi pour y poser ma tête. Mes boucles brunes valsent devant mes yeux qui essaye de percevoir une ombre imaginaire à travers les arbres, qui essaye d'écouter la mélodie du vent et ses paroles inaudibles, ses soupirs de tristesse que je voudrais bien partager avec les miens. J'ai le coeur qui s'emballe, comme à chaque fois que je pense à lui. Plus que 3 jours à tenir et dimanche matin, tout reviendra dans l'ordre.

- J'aime Yann et ça me fait souffrir...

Matt ne sait pas quoi répondre à cette déclaration. Il prend délicatement ma main dans la sienne, essayant de me réconforter avec le peu de chaleur que m'apporte ses doigts serrés. Un sourire léger apparaît sur mon visage. Il me regarde, troublé, triste, et inquiet à la fois.
- A quoi bon l'aimer s'il aime quelqu'un d'autre ? Marmonne-t-il. Je pourrais t'aimer, moi...

Je me tourne vers lui et souris légèrement. Je finis par m'allonger, sentant peu à peu des gouttes s'abattre sur mes joues. Il se penche vers moi, hésitant, le souffle coupé. Chaque seconde est un pas où il s'engage vers ma bouche...Plus que quelques milimètres.

- Ne m'embrasse pas, lui dis-je.

Il s'arrête immédiatement.
- Mais...

- Il est là, dis-je. Il nous regarde depuis tout à l'heure.

- Et...tu crois que ça va m'empêcher de t'embrasser pour autant ?

- Non, soupiré-je. Mais si tu le fais, tu sais que tu me perdras et que l'on ne se reverra plus jamais. On m'a déjà volé mon premier baiser, je ne veux pas en perdre un, encore une fois.

Sur ce, je le pousse légèrement et me lève, tandis que la pluie s'abbat sur nous. Matt reste assis, me regardant partir, hargneux et déçu. Je sais qu'il sera triste, mais je ne suis pas une fille pour lui, je pense qu'il peut largement trouver mieux...et puis, si ce n'est que pour une aventure éphémère alors à quoi bon ? Je commence à courrir tandis que Yann est adossé à un arbre, trempé. Il me regarde avec étonnement en me voyant me diriger vers lui. Je m'approche, en souriant.
- Ce n'est pas lui si tu veux savoir.

Il rougit et commence à rire. Je m'avance vers lui et vient m'enfouir dans ses bras. Il me prend tendrement et murmure:

- Décidément, je me demande qui peut bien être cette personne...s'il savait la chance qu'il a.

J'éclate de rire et le prend par le bras comme une petite fille. Nous rentrons, sous la pluie, côte à côte, riant sur le même chemin. Ce parfum de bonheur qui me vient si soudainement: Essentielle bohème...

Les Histoires et certaines images présentent sur ce site appartiennent à Canell.

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