Quand les embrouilles commencent...

Quand les embrouilles commencent...

J'ai pleuré toute la nuit.



J'ai jamais haïs autant un mec de toute ma vie. Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant. Ma valise est là. En face de moi, faite, prête à être amener dans le train direction Milytown, ma petite ville de campagne, où le café de Joe doit être encore ouvert, et puis papa doit refaire la plomberie de Mme. Swan aujourd'hui, comme tous les mardis.
Alors c'est ça...
C'est ça que tu vas faire Lee ? Fuir ? Fuir comme une lâche parce qu'un garçon t'a embrassé ? Parce qu'il t'a enlevé quelque chose ? Oui, il l'a fait et alors ?! Regardes tes jambes ! Elles bougent encore ? Tu peux te mettre debout ? Si c'est le cas alors décides-toi : utilise-les pour rabattre le caquet de tous ces hommes prétentieux qui t'entourent ! Prouve-leur qu'un jour, ils passeront devant une galerie de New York avec écrit sur la vitrine "Lee Ryans". MONTRE-LEUR QUI TU ES...



*



Tandis que Mr. Crips (à moitié sourd) écrit son cours au tableau, les chuchotements se baladent de table en table, les petites papiers chiffonés traversent toutes les mains avec unique sujet: D.K. L.
Soit," Daniel , kissed, Lee". Le papier vient aux mains d'Ashton qui rit aux éclats tout en le lisant:

- Eh bien Daniel, je vois que tu t'es bien amusé durant cette visite au musée...

- Tiens donc, depuis quand tu embrasses les femmes lors de la première rencontre ? Demande ironiquement Andy en lisant le morceau de papier.

- Elle avait un goût de prolétaire, ricane Daniel.

Yann, à côté, ne répond pas, les nerfs à vif, serrant les poings tandis qu'Andy lui demande:
- Qu'est-ce qu'il y a Yann ? Tu ne supportes pas qu'on embête ta nouvelle amie ?

- Depuis quand fréquentes-tu la sous population ? S'indigne Ashton en faisant valsé ses bouclés châtains.

- Arrêtez les mecs, ça ne se fait pas d'insulter l'ami des bêtes, rajoute Daniel.

- Espèce de...

- Excusez-moi d'être en retard...

La classe se tait devant mon entrée brusque, ne laissant pas terminer la phrase de Yann. Le professeur qui n'a pas entendu mon entrée, continue son cours. Je me faufile discrètement à une place, tandis que les élèves me suivent du regard. Je pose mes affaires à une table et m'apprête à m'asseoir lorsque Daniel et moi nous nous dévisageons. J'esquisse un sourire et cours vers lui.
- Ah te voilà...dis-je les mains dans les poches.

Pas un bruit résonne tandis que le reste des élèves tente d'écouter mes propos. Daniel Harris prend un air méprisant et me demande:

- Qu'est-ce que tu veux ? Que je recommence ?

- Mais vas-y je t'en prie ?


Sur ces mots je m'accoude sur sa table et tend mes lèvres vers lui exagérement, au point qu'il en devienne gêné. La foule commence à rire légèrement. Je me redresse et lui dis sur un ton sec:
- Tu vois Daniel, tu n'as pas de cran. Tu es l'exemple même du pathétique, l'origine de ce mot mais surtout... Je suis plus forte que toi sur un point...

- Nous serions tous très curieux de savoir lequel ? Demande en ricanant Ashton.

- Mais je vais vous le dire, dis-je en m'approchant de Daniel. Tu ne pourras jamais aimer quelqu'un....

- Pfff, n'importe quoi, ricane Andy. Il n'en a pas besoin, t'as vu toutes les filles qu'il se fait ?!

- Tu ne pourras jamais tomber amoureux et te livrer à une personne qui te connaît vraiment car tu n'as pas de coeur. Tu ne peux pas aimer Daniel, et je trouve ça bien triste. Enfin bon, l'amour...est-ce aussi prolétaire à tes yeux que ta solitude ?

Soudain l'expression de son visage se renferme, les sourcils froncés, les yeux remplis de rage: j'avais gagné. Toucher un point faible de sa petite carapace:sa solitude. Enchaînée les filles les unes après les autres étaient une image qu'il se donne. Car il est seul et espère trouver quelqu'un qui pourra combler sa solitude, et je viens de lui briser son rêve...Yann contemple la scène sans montrer une quelconque expression en faveur de son "ami" qu'il s'apprêtait à frapper. C'est alors que, à mes risques et périls, je lui demande:
- Yann, tu manges avec moi ce midi ?

Scène ultime: Andy, Ashton et Daniel, le fusillent du regard, attendant avec impatience sa réponse qui désignerait son camps. Je connaissais déjà la réponse. Celui-ci me regarde, indécis. Il dégage une totale confusion, lui qui paraît si neutre, si serein habituellement. Sa bouche s'ouvre, laissant résonner:
- Pas aujourd'hui...

"Pas aujourd'hui". Inutile d'être idiote, je savais ce que cela voulait dire, j'en ai peut-être demandé trop à ce jeune riche qui sortait pourtant du lot. Je ne serais plus son jouet dont il aura besoin. Je ne lui en veux pas, je crois que nous aurions tous fait pareils à sa place: ce n'est pas facile de quitter du jour au lendemain ce à quoi nous sommes accoutumés. J'ai peut-être été un peu trop ambitieuse, j'ai trop cru en lui, je ne sais pas. C'est le sourire aux lèvres que je réponds:
- Je le savais. Mais c'est pas grave...Salut.

Puis sur ces mots, je descends les marches, allant m'installer à ma place.


*


- Pardon..
.
Alors que j'étudie sur mon lit, ma voisine de chambre se décide à m'adresser la parole. Je l'ignore totalement , continuant de griffoner sur ma copie la description analytique d'un tableau. Elle vient s'asseoir en face de moi, posant sa main au milieu de ma feuille pour me forcer à lever la tête:
- J'ai été stupide...J'ai cru tout ce que les gens disaient. Tu sais, ils ont dit que tu sortais avec Yann et ..ça m'a rendu folle puisque je l'aime. Tu dois me trouver stupide et même détestable que je puisse avoir pu te lâcher du jour au lendemain et si tu ne veux plus me parler, je comprendrais. Mais tu vois...J'aime vraiment Yann. Et je suis sûre qu'un jour, j'aurais ma chance...Pardon encore !

- Ca va, bougonné-je. De toute façon, tu peux te soulager, je ne sors pas avec lui et je pense que ça n'arrivera pas de sitôt. J'en ai marre de cette école car vous êtes tous les mêmes...Vous tournez votre veste à la moindre embûche. Kelly, saches que tu restes ma camarade de chambre mais tu ne seras plus mon amie.

- Ca me va aussi ! Dit-elle en souriant. Alors partenaire de chambre, qu'étudies-tu ?!

Nous nous échangeons un regard complice et éclatons de rire.

J'aime me dire que je me ferais des ami(e)s durant l'année quand je ris avec elle, comme lorsque je m'amusais avec Yann...mais pour combien de temps devrais-je rester dans ma solitude, moi aussi ?

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