La fin d'une fille de bohème...

Yann a commandé un taxi pour qu'on puisse aller à l'aéroport. Nous avons offert un petit présent aux propriétaires et avons salués quelques connaissances que nous nous sommes faites pendant le voyage. Y compris...


____________Flash Back____________


- Alors tu t'en vas ?

Je fais rouler ma valise derrière moi et enfile mon bonnet, tandis que Matt me regarde avec tristesse. Je ne suis pas rancunière parce qu'il m'a ignoré, surtout que c'est le dernier jour. J'ai les larmes aux yeux. Il avance vers moi et soupire:

- Tu vas me manquer...

- Toi aussi, dis-je en l'enlaçant amicalement.


Après une courte étreinte, il sort de sa poche un papier chiffoné et le met dans ma main qu'il referme fortement:
- Promets-moi que lorsque tu te sentiras seule, tu m'appeleras.

J'opine en lui souriant et l'enlace une deuxcième fois. Quelques larmes s'écoulent avec un léger sourire en souvenirs du peu de temps que nous avons passés à parler sous la pluie, notre rencontre avec ce fameux chien, prétexte de toute une amitié. Il murmure :

- Une dernière chose...avoues-lui, dit-il sur un ton déterminé.

- Mais...

Je n'ai pas le temps de répondre que Yann entre et dit, gêné:
- Euh...désolé de vous déranger mais la voiture vient d'arriver.

-...Oh je...

- De toute façon je dois y aller, termine Matt en commençant à partir.

Il me lance un clin d'oeil et, le sourire aux lèvres, s'en va. J'essaie de retenir mes larmes mais le temps presse. Il faut partir...

________Fin du Flash Back________

 



Nous marchons à pas lents, appréhendant notre retour. Cette vie que nous avions construite ici, ce quotidien où il se levait vers 4h00 du matin, entendre le grinçement de la porte alors qu'il descendait boire un café. Ma gauffre presque brûlée mais toujours sucré pour atténuer le goût amer...Est-ce que tout ça est fini ? Etait-ce un rêve ? Ou me paraîtra-t-il comme un rêve qui n'a jamais donné vie à quoique ce soit ?  Le cottage, Matt, la fête, le champ, la pluie, Yann...moi.

Chaque pas se fait plus proche vers l'avion. Je ne veux pas partir mais il le faut bien. Une semaine, c'est trop court, une semaine n'est pas qu'un dessin que l'on fait mais une chose qui nous inspire et qui nous permet d'avoir une vie à côté. Je voudrais encore aller au restaurant, je voudrais encore me disputer dans la salle de bain avec lui, je voudrais encore rire, je voudrais encore entendre ses rires en parlant de sa petite "prolétaire". Je voudrais encore que nous soyons assis sur cette terrasse, alors que je parle d'un homme qui ne se doute pas de mes sentiments, je voudrais entendre encore ce qu'il pense de moi, de la fille sans parfum mais si "naturelle"...Fille de bohème qui trouve son Prince entre les feuillages et les arbres. L'odeur de sève qui flotte dans l'air...

- Mademoiselle, votre ticket s'il vous plait.

- Oh...pardon.

Clap.

- Monsieur...

Clap.

Et voilà.
Non. Je n'aime pas pensé ça, avoir ce sentiment que nous allons reprendre le cours de notre vie normalement. Je dois profiter du présent. Nous marchons côte à côte sans un mot. Yann ne dit rien, comme troublé, comme si quelque chose le tracassait. Je n'ose pas lui demander ce qui ne va pas, peu importe...La vie reprendra son cours et nous serons de nouveau face à Andy, Ashton, Daniel et Kelly. Des mots, des noms, des pensées que je souhaiterais effacer de ma mémoire. Souhaiter, vouloir, n'est-ce pas le signe que tout cela est improbable ?
Des familles, des hommes d'affaires, nous suivent dans la passerelle d'embarquement. Non, nous les suivons. Nous restons derrière, fermant le cycle avant que le rideau ne tombe. Pendant qu'un homme d'affaire cherche son billet pendant un moment, Yann se met face à moi, le regard doux, presque humide, pleins de regrets. Alors que je m'apprête à lui demander ce qui ne va pas, il me coupe la parole:


- Lee, je sais que tu en aimes un autre...Et ce soir est peut-être la dernière soirée que nous passerons sans que personne ne nous interrompe. Il faut que je te le dise...

- Yann...Dis-je choquée.

- Je ne peux plus garder mes sentiments pour moi...


Soudain, il prend mon visage d'une main, pose l'autre derrière mon dos pour me rapporcher de lui et enfin, m'embrasse langoureusement avec passion. Il me sert tellement fort contre lui, comme si tout ce qu'il cachait jusque là, coulait le long de son corps. Son baiser est doux, gracieux, amoureux, une saveur délectable qu'aucun sens ne pourrait analyser en cet instant. J'ai envie de pleurer, de rire, de crier, de le serrer contre moi...Une larme coule le long de ma joue tandis que notre baiser se fait plus passioné de secondes en secondes. Et puis, tout s'arrête, ralentit...Pour ne laisser que deux visages se fixant. Il murmure, tout près de moi, alors que je sens son souffle chaud près de ma bouche:

- Lee, je t'aime.

La fin d'une fille de bohème...

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