Kiss and trouble

Kiss and trouble

- Eh Kelly ! appelé-je en lui faisant un signe de la main.



La jeune fille se retourne et, à ma grande surprise, m'ignore spontanément. Elle continue son chemin, riant avec d'autres filles de "sa classe sociale". Moi qui croyait m'être fait une amie, pourquoi un changement si soudain ? A-t-elle honte de moi ? Je préfère oublier et me concentrer sur le cours qui vient. Aujourd'hui, Mme.Kinley nous emmène visiter un musée d'art contemporain ! Je n'aime pas les sculptures donc espérons que les peintures compensent mon futur ennui.

*


Alors que nous montons dans le car chargé de nous y amenés, je m'installe seule à une place, me préparant à une longue heure de trajet avec mon mp3 allumé. Sans m'en rendre compte, je soupire: si seulement Yann était là. J'écarquille les yeux et posent mes mains sur ma bouche comme pour empêcher que d'autres âneries de ce genre en sortent.
- Salut la prolétaire...

Je lève les yeux et vois Daniel, éteignant sa clope sur le cuir de mon siège. Il me lance un regard provocateur. Je m'approche de son visage et lui dit:

- Casse....toi.

- Quel acceuil ! Ca me donne envie de m'asseoir ici, dit-il en s'installant.

- Oh, c'est pas vrai, soupiré-je agacée. Qu'est-ce que tu me veux ?

- Quoi ? J'n'ai pas le droit comme Yann d'avoir ma petite part de gentillesse venant de toi ?

J'éclate soudain de rire, ne pouvant plus m'arrêter. Daniel me regarde comme une atardée mentale. Je reprends mon souffle lorsqu'il me demande, perplexe:
- Je peux savoir ce qui te fait rire...

- Oh, j'y crois pas, pouffé-je. Sous prétexte que Yann est venue me voir, vous aller tous défiler devant moi ? Vous êtes jaloux, ou quoi ? Pfff HA HA HA...oh lala, je crois que j'aurais eu ma dose de rire pour toute la journée, hihi HA HAHA.

Vexé, Daniel se lève et va s'asseoir au fond du bus. Après m'être calmée, je jette un coup d'oeil sur lui qui ne tarde pas à me renvoyer un regard noir. Le bus démarre tandis que je mets en route mon baladeur. Kelly me lance un regard noir lorsqu'elle se balade dans le car derrière le dos du professeur, mais je ne préfère pas relever. Cependant : pourquoi ce comportement ? Est-ce que j'ai fait quelque chose qui aurait pu provoquer une telle attitude venant de sa part ?M'enfonçant dans mon Snow Patrol, je rêve de tout et de rien, m'endormant peu à peu...puis, tout en gardant les yeux fermés, je repense à Yann. Esquissant un subtil sourire sur mon visage,  je sens un regard me dévisager. Je rouvre les yeux et vois que Daniel m'observe de loin. Il se retourne instantannément, les joues rouges...QUOI ?!

*



- Dali est sans conteste, l'un des peintres les plus reconnus dans sa fantaisie ! Observer les jeux de lumière avec lesquels il met en évidence l'animal qui...

Je gribouille sur un carnet quelques notes, tout en mordillant le bout de mon stylo...Zut ! Plus d'encre ! Rho, c'est bien ma veine ! Je cherche autour de moi quelqu'un susceptible de me prêter ne serait-ce qu'une mine pour prendre des notes...L'ennui est que je ne connais personne, et eux me connaissent tous comme "la fille audacieuse qui a osé s'adresser à Andy et Ashton"...C'est pas gagné.
- Tiens...

Je me retourne et vois...qui ? Encore lui...
- Daniel, pourquoi tu me lâches pas les bask' cinq minutes ?! Reprends ton stylo, j'en veux pas...

- Une prolétaire capricieuse ?! On aura tout vu, ricane-t-il.

- Oh toi alors tu ... !

- Chut ! Mlle Ryans et Mr. Harris, veuillez vous taire ou vous attendrez dans le car, compris ?!

Je me mords la lèvre pour ne pas le frapper. Il garde ce sourire diabolique, ne cessant de me fixer: mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec ce sourire en coin ?! C'est leur marque de fabrique ou quoi ?!

*



Ah ! Manger ! Enfin ! Nous avons fait une halte dans un petit parc où nous pique-niquons. Bien sûr, chacun à son major d'homme à ses côtés qui sort de la glacière, les côtes de boeufs emballés avec une sauce sur du riz basmati tandis que j'ouvre ma boîte plastique avec une salade de tomate, de maïs et des bouts de saumon faite moi-même. C'est difficile d'imaginer une côté de boeuf en mangeant du maïs, je peux vous le dire.
Alors que je lis un bouquin, tout en dégustant mon "modeste repas de prolétaire", je reçois de la boue en plein visage. L'assistance commence à rire. Je relève la tête, me débarbouillant de cette terre et m'aperçois que l'ignoble fautif est Kelly. Elle fronce les sourcils, serrant les poings, avec derrière elle, trois filles ricanant. Elles s'exclament:

- Allez Kelly ! Tu vas pas laisser une prolétaire se moquer de toi et jouer avec tes sentiments, non ?

- Oui, Kelly ! S'écrie une blonde. Vas-y !

- Kelly qu'est-ce qui te prends ?! M'énervé-je.

- C'est ça ! Foues toi de moi ! Tu sais que je l'aime et tu joues avec lui ?! T'es vraiment une garce !

Sur ces mots, elle court vers moi, brandissant son poing lorsqu'un bras vient la projeter en arrière. Elle s'écroule sur le sol, devant la classe venant voir le spectacle.
- Encore toi ? murmuré-je stupéfaite.

Daniel Harris. Je crois ne jamais l'avoir autant vu en une journée. Ca me rend malade. Il remet sa mèche en place, puis dit sur un ton méprisant à Kelly:
- A ta place, vu ta laideur, je me cacherais...

Mon amie reste bouche bée, tout comme la foule. Les larmes lui montent aux yeux, humiliée: il l'avait blessé. Je viens l'aider à se relever, mais elle s'écarte et rejette mon aide en me giflant. Elle finit par se relever lentement, son uniforme marron, les cheveux désordonnés, tout en me fusillant du regard, les larmes coulant sur ses joues. Les trois filles derrière elle, la prennent avec elle et s'en aillent.

Daniel vient vers moi et passe sa main sur mon visage afin d'enlever la boue. Je le pousse et lui crie:

- Ne m'approches plus ! Va-t-en ! Oust ! Je ne veux pas te voir! Arrêtes de me coller ! Faut-il que je le dise en chinois ?! Je te déteste, tu ne respectes personne ! J'en ai marre ! Ma journée est foutue à cause de toi ! Je viens de perdre la seule amie que j'avais ! Va-t-en ! Laisse-moi tranquille ! Espèce de...

Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase qu'il me prend par le bras, m'avance vers de lui et m'embrasse langoureusement. Je ne réalise pas ce qui se passe. L'assemblée retient son souffle, ébahis. J'essaie de me dégager mais il me tient tellement fort qu'il m'est impossible de m'enfuir. Il finit par me lâcher...
J'ai les larmes aux yeux.
Comme s'il ne lui suffisait pas de briser le coeur des gens...


Il m'avait volé mon premier baiser.
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