First Day: discover your soul !

- Nooooon...

- S'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait, s'il te plait....

- N'insiste pas Lee, s'obstine Yann.

- Mais il est si mignon ! Dis-je en tenant le chiot dans mes bras.

- Si vous voulez mademoiselle, vous pourrez venir fréquemment  le nourrir, dit la propriétaire.

Je commence à bouder, tandis que Yann y est indifférent et remercie chaleureusement la propriétaire du cottage. Elle finit par s'en aller avec le chiot, tandis que je tente de lui montrer que je suis déçu, il soupire:

- Tu n'aurais jamais eu le temps de t'en occuper. De plus, inutile de faire cette moue, si tu veux fournir un travail de qualité pour l'exposition, il faut te concentrer dessus.

Yann a raison, j'aurais été distraite et ne me serais pas consacré autant que je le voulais à ma production. Nous montons à l'étage.  Je réfléchis à ses paroles sages. Alors qu'il visite la petite salle de bain "campagnarde", j'ouvre la porte de la chambre:
- Ouah ! Quel lit !

Il me rejoint et écarquille les yeux en voyant le lit double et imposant dans la pièce. Je commence à déballer mes affaires que je place dans l'armoire, tandis qu'il reste figé, un peu perplexe.
- Quoi ? Demandé-je. Je sais que ce n'est pas un lit cinq étoiles mais quand même, pour un cottage, je le trouve vachement luxueux et tu devrais...

- On va dormir dans le même lit ?

- Euh...on dirait que oui, dis-je gênée. Je ne pouvais pas deviner que quelqu'un viendrait avec moi donc j'ai suggéré qu'une chambre serait suffisante. Désolée mais pendant une semaine, on va dormir dans le même lit, détail que tu ne devrais pas mentionné à Kelly sinon je suis sûre qu'elle m'étranglera.

Je commence à rire légèrement en imaginant Kelly, furieuse, puis mets ma valise sous le lit. Il fait de même avec ses affaires, légèrement refroidi par le fait que nous dormions ensemble. Je descends dans la cuisine, histoire de nous préparer quelque chose à manger. Je nous fais cuire deux oeufs sur le plat avec du bacon et du jambon, bien qu'il soit 18h00. Il me rejoint et me regarde faire la cuisine. Je lui souris et lui dis:

- Demain, faudra faire des courses car il n'y a rien dans le frigo et sérieusement...je ne compte pas manger autant d'oeufs. En plus de ces 12 heures de décalage par rapport à New York, c'est vraiment difficile de suivre les repas.

- Lee, je peux te poser une question ? Dit-il calmement.

- Euh, vas-y, hésité-je.

- Ca te gêne que je sorte avec Kelly ?

Sur ces mots, je fais tomber une fourchette en sursautant, les joues cramoisies. Il vient m'aider lorsque je réponds:
- Euh...non, pourquoi ? Kelly et toi formez un beau couple et ...bah, je suis contente que vous vous entendiez bien. Tu dis ça comme si j'étais...comme si j'étais...

Je relève la tête tandis que nos visages se retrouvent nez à nez. Il poursuit:

- Comme si tu étais amoureuse de moi ?

Je rougis et me relève brusquement.
- Je crois que...que ça doit être prêt.

Je le serre dans une assiette en vitesse et utilise comme prétexte:
- Je reviens dans deux secondes...

Je monte à l'étage m'enfermer dans ma chambre. Notre chambre. Alors c'est à ça que va ressembler cette semaine ? Des sous-entendus embarrassants ? Des regards qui ne veulent dire rien et tout à la fois ? Des suppositions sur ce que pense l'autre ?
Je ne sais pas si je vais tenir une semaine...


*



Je saisis mon carnet de croquis, un crayon à la main, sous la petite rosée du matin. Je marche quelques mètres dans la prairie puis m'assois dans l'herbe, en tailleur. J'ouvre mon calpin et commence à gribouiller une ébauche de mon tableau. Le temps passe, et le soleil apparaît peu, un faible soleil, entouré de nuage gris menaçant de pleuvoir.
" Clach"
La mine glisse sur le papier comme une mélodie qui ne cesse de se répéter, un trait puis un autre, tel un rythme entraînant qui force ma main à continuer.
"Clash"
Je sors peu à peu de mon travail et relève la tête pour voir d'où vient le trouble qui vient perturber mon silence. Je relève la tête et voit Michael me prendre en photo. Depuis quand est-il photographe ? Il vient s'asseoir à côté de moi...

- Je ne savais pas que tu aimais la photographie, dis-je, surprise.

- Je n'aime pas mais Mayron m'a toujours vu avec un appareil autour du cou et non un crayon sur l'oreille, dit-il songeur. Oh excuse-moi, oublies ce que je viens de dire...

- Je sais...dis-je.


Il relève la tête et me regarde, étonné.
- Je sais pour l'accident, expliqué-je. J'ai lu un article dans les archives et..

- Je vois, soupire-t-il mécontent.

- Je voulais savoir qui était "5M", expliqué-je.

- Eh bien, tu n'aurais pas pu t'occuper de tes affaires ?! S'énerve-t-il. Je vois pas en quoi chercher quelqu'un te conduit dans des choses privées...

- Et moi je ne comprends pas pourquoi tu as honte de reconnaître que si tu ne souris plus c'est parce que tu as perdu ton meilleur ami ! M'écrié-je. Mais de toute façon, vous êtes tous pareils. Vous n'êtes pas humains, vous vous contentez de donner une image pour ne pas que l'on vous reconnaisse en tant que tel alors si tu attends que je fasse comme si de rien était et bah désolé mais je ne suis pas ce genre de mannequin qui se contente de sourire bêtement comme Kelly !

Je prends mon calpin, tandis que la pluie commence à tomber à grosse goutte. Je rentre dans la petite maison, tout en le laissant dehors pensif.

*



- Tu vas m'ignorer ?


Je ne réponds pas, assise sur le lit, dos à lui, les cheveux trempés, le calpin à mes pieds, le crayon sur la table de nuit. Je ne réponds pas, c'est tout. Je sens sa présence, son regard, je le sens. Il s'approche de moi sur le lit et m'enlace contre lui. Je lève mes mains timidement avec l'intention de resserer mon étreinte. Mais qu'est-ce que je fais ? Il est avec Kelly, alors pourquoi ? Alors que je repose mes mains, il les prend dans les siennes et murmure:
- C'était mon meilleur ami...

-...

- Ce soir là, il a courru prendre sa voiture car sa petite amie venait d'accoucher. Il ne voulait pas faire comme tous ces mecs qui lâchent les filles, une fois le mal fait. Je l'ai accompagné à l'hôpital. Il conduisait calmement mais lorsque l'hôpital lui téléphona en lui disant de se dépêcher, il accélèra car elle était en danger. Et puis, il y a eu cette piste de verglas qui a fait virvoler la voiture et là...je n'ai souvenir que de lui, la tête en sang. Il pouvait à peine parler et il m'a dit: on se reverra Yann...C'est tout ce qu'il a dit, avant de fermer les yeux.

Un long silence s'installe. Dans l'article où Mayron paraissait comme un élève saoul, ce n'était que mensonge. Personne ne se saurait douté une seconde que ce serait à cause de cette plaque de verglas. Pourquoi l'avoir caché alors ? Les parents de Mayron ne voulait peut-être pas avoir un petit-fils bâtard quelque part dans la nature...Peut-être suis-je en train de m'imaginer des choses mais en tout cas, je ne l'aurais jamais cru. Je ne sais pas quoi dire. Un portable sonne à côté de nous: il décroche. Je reste immobile, me sentant coupable de lui avoir crier dessus tout à l'heure.

- Allô Kelly ? Dit-il. Ouais ça va. Oui, je suis bien arrivé...Lee ? Elle va bien. Où elle est ? Dans la cuisine en bas. Tu veux que je lui dise quelque chose ?...Quoi ? D'accord. Au revoir...oui, moi aussi...


" Moi aussi je t'aime", c'est ça que ça voulait dire. Une grosse boule s'installe en travers de la gorge: de la jalousie ? Non mais je rêve. A l'évidence, j'étais tombée amoureuse de Yann mais je n'avais pas le droit, il fallait que je durcisse mon coeur pour ne pas céder et finir par commettre l'irréparable. Je sèche mes cheveux en pensant tout ça, tandis qu'il m'annonce:
- C'était kelly, elle m'a demandé de te dire: "n'oublies pas ta vision péssimiste de l'amour car c'est mon terrain"...Ca veut dire quoi ?

Kelly...A croire qu'elle me surveille de près. Je ne réponds pas et finis par me lever. J'enfile un manteau. Yann range son portable et me regarde m'éloigner, perplexe:
- Où vas-tu ?

- Je vais chez la propriétaire, nourrir le chien.


Nourrir le chien...Quel prétexte absurde pour rester loin de celui qu'on aime.

*



- Toi au moins, tu n'as pas à te soucier de ses problèmes, t'es encore trop jeune, dis-je en m'adressant au chiot mangeant dans sa gamelle. Mais ne t'inquiète pas, profites-en, tu as encore le temps pour ces choses si compliquées et si un jour tu rencontres une belle chienne, n'hésite pas à lui dire ce que tu ressens avant qu'un sale cabot t'appelle en te disant "Nanananah et blablabla , touche pas à ma meuf"...

Le chiot relève la tête, me regardant avec ces petites perles noires. Je souris, réalisant que mes problèmes sentimentaux n'évoquent rien pour mon nouveau confident, assise sur le carrelage de la cuisine contre un mur. Alors que je prends l'animal dans mes bras, un jeune homme entre...

 

First Day: discover your soul !

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