Wake up

Wake up

Et si tout n'était qu'un cauchemar...




Que je n'étais pas assise dans la salle d'attente, tandis que Jeane me sert dans ses bras. Je n'ai pas pleuré. Du moins pas encore. Et même si Daniel n'ose pas me regarder droit dans les yeux, même si ma mère essaie tant bien que mal de voir sur le champ un médecin, même si Andy et Angie restent souder dans cette épreuve, oubliant le caviar et autre nappe rouge, même si Ashton a dû rater son train pour rester avec nous...Même s'ils sont tous présent ici et maintenant, attendant de me voir pleurer... Je ne pleurerais pas.
Pourquoi ? J'aime Yann alors pourquoi ne suis-je pas capable de ressentir quelque chose face à ce qui lui est arrivé ? Car oui, je ne ressens rien.
Je ne ressens RIEN.
Comme un poids qui se forme dans ma poitrine, menaçant de céder à tout moment, je reste insensible en attendant.


Après trois heures d'attentes, un chirurgien sort de la salle d'opération, autant ses gants couverts de sang, le sourire aux lèvres. Tout le monde se lève et se dirigent avec empressement autour de lui, tandis que je reste seule assise sur ma chaise.

- Alors docteur ? Demande ma mère.

- Tout va bien, nous rassure-t-il. La balle a frôlé son coeur et nous avon dû recoudre quelques tissus.
L'opération s'est bien passé mais nous allons devoir le garder durant quelques temps.

- Mais il est en bonne santé ? Insiste Daniel.

Le médecin marque une pause avant de répondre, compatissant:

- A vrai dire...Yann est pour l'instant dans le coma. Nous l'avons mis sous perfusions et...

- Quand se réveillera-t-il ? S'inquiète Andy.

- Eh bien...comme vous le savez, il n'est pas possible de déterminée quand il se réveillera ou non.

Un silence s'installe, tandis que leur peu d'espoir s'éteint. Les larmes leur viennent aux yeux pour certains, d'autres sentent un profond dégoût de la vie face à cette injustice. La vie n'est pas fait pour être juste, mais pour être vécu dans les bons, comme dans les pires moments de notre existence. J'ai trop pleuré, Yann et moi nous sommes jurés de ne plus se quitter et si j'ignore quand je pourrais voir la lueur de ses yeux gris, j'attendrais patiemment. C'est d'une voix presque éteinte, un murmure brisant le silence, que je dis:
- Je veux le voir...

Ils se tournent tous vers moi. Ne me forcez pas à me répéter car je sais que vous avez tous entendus, pensais-je. Le médecin me fit signe de le suivre, sans rechigner. C'est dans ma robe rouge claire et chiffoné, les yeux rougies, que j'avance déterminé vers sa chambre. Après quelques inutes, nous arrivons devant la porte 768B et je ne peux m'empêcher de sourire en voyant ce chiffre. Le docteur m'ouvre la porte, quand je le vois enfin. Relié à plusieurs machines, Yann est endormi sur so lit, l'air serein. Ma main tremblante caresse son visage tandis que je me retiens de pleurer. Ce poids dans mon coeur vient de céder, de se briser en milles morceaux, déversant toute cette tristesse en moi. Je ne rêvais pas, son visage éteint là, mon beau visage d'ange...Un ange endormi.
- Vous pouvez lui parler, chuchote le médecin avant de me laisser seule.

Je me mords la lèvre inférieur, les yeux remplis de larmes. Je ne dois pas pleurer. Je me penche sur son front pour y déposer un baiser et murmure:
- A croire qu'on arrivera jamais à être heureux sans que quelque chose ne nous sépare. Oh Yann....Yann,ne me laisses pas...Pas encore. Qu'est-ce que je vais faire moi, qu'est-ce que je vais faire sans toi mon amour ? Je ne suis pas prête. Je ne serais jamais prête à te laisser partir. Je veux me marier avec toi, porter ton nom, te savoir tout le temps à côté de moi alors s'il te plait...je t'en supplie ne me laisse pas toute seule. Je t'aime, alors réveilles-toi...Ne m'abandonne pas comme ça.

Mes larmes menacent de couler tandis que je me redresse et quitte sa chambre. Ashton, qui m'attendait dans le couloir, me regarde. Je baisse les yeux et lui dis:
- Ca va aller...

- Non, dit-il. Ca ne va pas aller, Lee. Regardes-moi...

Je lève les yeux vers lui, à bout. Je n'en peux plus, ça m'oppresse, ça me blesse, ça m'étouffe.Llà, dans ma poitrine, dans mon coeur. C'est brûlant, ça fait mal...J'ai envie de mourir, pas de pleurer, mais de mourir sur le champs. Ashton s'approche de moi et me regarde tendrement:
- Dis-moi Lee...dit-il.

- Non, je ne peux pas, dis-je les yeux embués de larmes.

- Lee...

- Non ! Criais-je.

- Dis-le moi...

J'ouvre les yeux, et m'effrondre dans ses bras. Je crie, je tape contre sa poitrine, je hurle, j'ai mal, je n'en peux plus:
- J'ai peur, criais-je anéantie. J'ai peur Ashton, je ne veux pas qu'il meurt ! Sanglotais-je. Je ne veux pas...Dis-lui de ne pas s'en aller, il ne peut pas me laisser là ! Dis-lui que je l'aime et que s'il part je serais toute seule ! Dis-lui...que je l'aime.

Ashton me sert contre lui, fortement tandis que je pleure encore et encore dans ses bras. C'est dans ses bras que j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, que tout est sorti, tout se verse, disparaît. C'est dans les bras d'Ashton que je cria au monde que je le haïssais de me fare ça.

Yann, ne m'abandonne pas.



Un mois plus tard.




- Bonjour, me dit l'infirmière comme chaque samedi.

- Bonjour, dis-je. Comment va-t-il ?

- Son état s'est vraiment amélioré durant cette dernière semaine, me dit-elle.

- Cela fait un mois aujourd'hui, dis-je, et il ne s'est pas encore réveiller, dis-je rêveuse. Mais je suis sûre que ça ne va pas tarder.

L'infirmière, Emeline, me regarde d'un air compatissant. Elle me voyait presque tous les jours venir ici depuis un mois, passant du temps auprès de lui. Pour elle, comme pour beaucoup de gens, il n'y avait plus d'espoir. Je venais pour les fleurs, je venais pour lui, pour Yann endormi. Je viens car je sais qu'il va se réveiller un jour et je veux être là ce jour-là. Ashton m'appelle souvent pour avoir de mes nouvelles, Andy passe le week-end pour voir comment je vais et si l'état de Yann s'est amélioré. Ma mère a dû repartir malgré tout, je ne tenais pas à ce qu'elle reste de toute façon elle devait s'occuper de mon père. Mes frères essayent tant bien que mal de passer à la maison dès qu'ils ont du temps libre, car de ce grand appartement...sans Yann je me sens seule.
Ce jour-là, j'eus une visite bien assez particulière. Alors que je parle à Yann de tout et de rien, une femme mûre entre, timidement dans la chambre. Cette femme qui était déjà passer plusieurs fois mais que je n'avais jamais pu voir. Elle avait de beaux cheveux châtains et des yeux en amande. Ce qu'elle était belle et naturelle, je ne pense pas avoir eu ou vu autant d'éclats venant d'une femme dépourvu d'une once de maquillage. Elle n'en avait as besoin. D'une voix douce, le sourire aux lèvres, elle me dit:
- Tu dois être Lee, n'est-ce pas ?

J' hôche la tête en signe d'approbation tandis qu'elle approche de moi puis, telle une mère, regarde Yann avec tendresse:
- Il semble si paisible...

- Vous...vous êtes la personne qu'il tenait à me présenter ? demandais-je timidement.

- Oui, dit-elle en s'asseyant près de moi. Je m'appelle Norah, je suis passée plusieurs fois mais je n'ai jamais pu vous croiser. Je suis désolée que l'on se rencontre dans de telles circonstances.

- Ce 'est pas grave, dis-je. Yann vous aime beaucoup, je crois. Il ne m'a jamais parlé de vous précisément, mais, lorsqu'il vous évoquait il semblait heureux. Vous devez compte beaucoup pour lui...

- Et il est de même pour moi, répond-elle. Yann est comme un frère pour moi, nous nous connaissons depuis très longtemps et je le connais bien pour vous dire qu'avant vous, il n'a jamais autant aimer quelqu'un. Je crois que c'est pour ça qu'il a tenu à vous présenter. Je n'arrive pas encore à comprendre comment cela a-t-il pu arriver et regrette de ne pas avoir été là pour vous soutenir Lee.

- Mais vous êtes là maintenant, dis-je. Et je suis sûre que Yann en est heureux. Les gens me prennent pour une folle à rester auprès de lui depuis un mois, mais je sais qu'il va se réveiller. J'en suis sûre...

- Comment en êtes-vous certaine ? demande-t-elle.

- Parce qu...

Je marque une pause. Ca ne pouvait être autrement. Durant ces semaines je suis restée auprès de lui,et pourtant l'incertitude réussit à me gagner parfois:
- Parce qu'il me l'a promis...

- Quoi donc ? demande-t-elle.

- Qu'il ne se séparera plus jamais de moi, dis-je en versant une larmes avec un léger sourire. Le plus drôle c'est que...je lui ai dit un jour que je ne souhaite rester près de lui. C'est l'homme de ma vie, il ne peut en être autrement. Je veux porter son nom, je veux porter ses enfants, je veux faire ma vie avec lui...

- Alors il se réveillera, dit-elle en prenant ma main dans la sienne.

- Vous croyez ?

- Lee, je connais Yann et je peux vous dire qu'il ne laissera pas passer une telle chance devant lui. Quand il m'a parlé de vous Lee, je m'en rappelle encore. Il ne voyait pas sa vie sans vous...

- Merci, dis-je. Merci... Est-ce que...enfin, où séjournez-vous ces temps-ci ?

- A l'hôtel Connor Ridge, répond-elle en se levant. Pourquoi ?

- Est-ce vous accepteriez de séjourner chez nous ? Je...je me sens un peu seule et j'apprécierais votre compagnie.


Elle me sourit et avant de quitter la chambre me répond:
- C'est d'accord, je viendraid demain après-midi.

- Merci Norah, dis-je encore.

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