To you, to my gallery, to paris

To You To my gallery To Paris


- Lee, éteins ton portable...gromèle


- Attends j'ai un message, dis-je en écoutant mon répondeur.

"Lee ? C'est Yann. Tu dois être certainement occupée à l'heure qu'il est après ton exposition. Je t'appelle juste pour te dire que je suis désolé de ne pas être venu hier. J'espère que tu as passé une belle soirée malgré tout et que c'était un grand succès. J'en profite pour te dire...Enfin, par rapport à la réunion de l'autre jour à la fac. Hum, écoutes je n'ai pas envie de parler de ça au téléphone et j'attendrais que tu me rappelles. Lee, il faut qu'on parle, c'est important..."
Bip.

Si seulement, si seulement j'avais pu décrocher alors qu'il m'appelait !


"Mesdames,messieurs, veuillez attacher vos ceintures, nous allons décolés".


Tout est derrière moi apresant: durant une semaine je vais pouvoir me relaxer, même si c'est un voyage d'affaires, mais j'ai bien l'intention de me consacrer à Paris toute entière: "Paris, prends moi" si je puis dire. L'ennui est qu'un vague sentiment de mélancolie m'envahit à leur où je vous parle et un souvenirparmi d'autre refait surface:
- C'est la première fois que tu prends l'avion, je suppose ?

- Hum, la dernière fois, j'avais 4 ans et je ne me souviens pas vraiment de tout, dis-je angoissée. Mais ça va aller hein...


L'avion roule sur la piste, faisant trembler les fauteuils. Alors que je ferme les yeux, je sens une main chaude prendre la mienne crispée. Elle est douce et tendre, et me sert légèrement, agréablement. J'ouvre les yeux pour voir ça: Yann, le sourire aux lèvres, tient ma main comme si ce n'était pas la première fois. Aucune gêne se lit sur son visage, toujours cet air serein, calme, posé mais aussi heureux.

Je crois m'être endormi durant le voyage, mais en me réveillant, elles étaient encore entremêlées, toujours.




*

- Do you speak french ? Demande la gérante de l'hôtel après m'avoir fait visité notre chambre.


Logan me regarde avec un sourire moqueur, attendant ma réponse. Je réponds, embarrassée, après un machouillement de ma langue:

- Hum...un...petit...peu,^^.

- Oh ! Cute ! S'écrie la gérante française avec pour le plus surprenant, un très bel accent anglais. So, I leave you and if you need help, ask-me. Okay ?

- Thank's. ^^


Elle me sourie et repars à son travail. Ces français sont vraiment sympathiques ! Bon, ne perdons pas de temps à ranger mes affaires. Je ressaisis mon sac à main se trouvant sur la table basse tandis que Logan regarde autour de lui la chambre que nous avons:

- Elle est bien petite,soupire-t-il.

- Elle sera plus grande si tu dors dehors, dis-je avec provocance. Autre chose ?

Il prend un sourire sournois et dit d'un air hautain en français:
- Non,twès chèwe ! Pewmettez moi de vous amenez au Louvwe maintenante...

J'éclate de rire et le prend par la main. Nous quittons la chambre en courrant comme des gamins jusqu'à la sortie. Je me sens tellement bien, je suis tellement enjouée face à tant de beauté. Pourquoi ne pas en profiter ?!


*


- Je trouve que ton français tarde à venir, se plaint Logan en buvant son café.


C'est dans un café de Paris, sur les champs élysées que j'attends un peintre italien avec qui j'ai pris rendez-vous, histoire d'exposer certaines de ses oeuvres. Logan se lève et me dit:

- Bon, je vais aux toilettes et je reviens...

- Okay,dis-je.


A peine est-il parti, qu'un jeune blond arrive en trombe, plusieurs esquisses à la main avec une pochette d'art plastique à son bras et un sac à dos noir bien chargé. Il passe sa main dans ses cheveux blonds et cherche du regard "une petite brune à l'écharpe bleue" comme je lui avais décrit. Lorsqu'il me voit, un sourire s'esquisse sur son visage. Il vient vers moi, reprenant son souffle et pose sa pochette à côté de lui:

- Bonjour, dit-il,veuillez excusez mon retard...

- Ce n'est pas grave, le rassurais-je. J'ai cru que vous aviez oublier...

-Non, ne vous inquiétez, je n'allais pas rater une aussi belle occasion...Votre voyage s'est bien passé ?

- Oui,merci, mon frère et moi avons eu peur de ne pas pouvoir se retrouver dans tout Paris ! Riais-je. Vous êtes français ?

- Non, italien, répond-il avec un sourire très séduisant. Mais ce n'est pas la première fois que je viens ici donc je connais un peu certains coins. Si jamais vous avez besoin d'un guide, n'hésitez pas. Vous voulez que je vous montre mes dessins ?

- Bien sûr, dis-je.

Il sort un carnet de croquis donc la couverture est en cuir et est fermé par une boucle de ceinture. Un style ancien qui me séduit tout particulièrement:

- Excusez-moi, mais où avez-vous acheté ce carnet ?

- Oh ça ! S'étonne-t-il.Dans une boutique pas très loin d'ici. Si vous voulez, après vous avoir montré mes dessins, je pourrais vous y amener.

- Ca serait très gentil. Tiens Logan te voilà...


Logan est planté comme un piquet, écarquillant les yeux. Je ne comprends pas son attitude. Il a le souffle coupé comme s'il allait s'évanouir. Je tourne mon attention vers le peintre qui ne tarde pas à avoir la même expression. Je réfléchis un moment et...

-Hum...vous...vous vous connaissez, n'est-ce pas ?

Aucun d'eux ne répond pas. Je commence à me lever et dit:
- Je crois...je crois que je vais acheter leurs délicieux cookies caramel et chocolat et vous laissez, hein ?

Je m'éclipse sans savoir si l'un ou l'autre avait capté mon absence et m'asseoit à un tabouret du bar, un peu plus éloigné. Observant d'un oeil discret, mon frère et cet italien. Logan était tétanisé, les lèvres tremblantes, les yeux s'humidifiant à chaque seconde. Quand les gens se rendent compte de son comportement. Il finit par s'asseoir timidement à ma place, baissant les yeux vers le sol. Le jeune blond le fixe avec mélancolie: un léger sourire marquant leurs nuits de débauches et un regard triste avec lequel il revit leur séparation d'il y a quelques années. C'est d'une voix délicate, avec une pointe d'ironie, qu'il soupire:

- Ca fait longtemps, hein ?

Logan relève la tête vers lui, se rappelant pourquoi ce jeune blond l'avait tant fasciné avec son regard turquoise, cette assurance qui émanait de l'allure de cet homme et son charme fou orné par ce sourire ravageur est si léger. C'était d'un naturel ! Un naturel auquel avait succombé Logan, il y a deux ans, et qui l'avait encré depuis. Comment avait-il pu partir ? Refuser de vivre sa vie avec lui ? Mais il avait sa famille en Amérique. Il avait Adrian, moi...il ne pouvait partir du jour au lendemain.

- Deux ans...4 mois...et 5 jours, répond Logan comme un automate.

- Je n'aurais jamais cru te revoir ici, s'étonne le blond en s'étirant, comme pour détendre l'atmosphère.


Un sourire vient aux lèvres de Logan. "Tu n'as pas changé" pense-t-il.
- Fils de bohème, hein ?

L'homme rit intérieurement et, passant ses mains dans ses cheveux, reprend:
- Fils de bohème...Peu importe qu'il soit le jour, ou la nuit...

- ...Un fils de bohème ne songe pas au lendemain, complète Logan en riant. Ah...Londres, une si belle ville...

- Aux si belles londonniennes, plaisante le jeune italien.

- Ouais, on peut le dire...rit Logan.

- Mais je me suis rattrapé, reprend plus sérieusement l'ancien ami, j'ai trouvé l'amour avec toi. Dommage seulement que cela n'est pas duré.

- Tu voulais partir et te projeter dans l'avenir et moi je m'attachais à la certitude d'une vie stable en mettant fin à ce voyage. Ma vie n'était pas là-bas et tu le sais...J'ai essayé de t'écrire mais tu ne répondais jamais.

- Je crois que j'avais besoin de digérer, d'oublier la vie que je m'étais imaginé avec toi, avoue le jeune homme. Je t'en ai voulu comme tu m'en as voulu de n'avoir donner aucunes nouvelles. Mais l'homme n'est-il pas orgeuilleux et égoïste ?

- L'homme est surtout fou amoureux mon ami, rit Logan.

- Dis mon prénom s'il te plaît...

- Hein ? S'étonne Logan,confus.

Le peintre s'avance légèrement vers Logan, s'accoudant sur la table comme pour l'intimider. Leurs visages ne sont qu'à quelques millimètres l'un de l'autre. Il répète tout en murmurant:

- Dis mon prénom comme au bon vieux temps, où je te montrais l'italien.

Logan sourit, prenant un air provoquant en levant un sourcil et dit:
- Julian...[Rouliane]

Julian. Tel était le prénom qui avait hanté ces nuits. "Julian", souvenirs des nuits dans les rues londonienness où les pas de la bohème résonnait sur les galets, le bruit des gouttes qui valsaient au fond de la bouteille d'alcool s'heurtait contre le bruit de la brise de l'aurore, où les chemises déboutonnés laissant les courrants d'airs carressés leur torse avide d'une passion sauvage, même en pleine ville. Leurs nuits amoureuses ne se reflettaient qu'à ce prénom: Julian.

Les Histoires et certaines images présentent sur ce site appartiennent à Canell.

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