No doubt

no doubt

 



Les jours se succèdent et le salon d'Angie est devenu notre repère concernant la préparition de mon mariage. Je dois avouer que les filles semblent prendre beaucoup de plaisir à l'organiser à sa place. Mais je suis encore nostalgique sur mon histoire avec Yann, la fac, la galerie, l'emménagement...tout ça. Alors, ces histoires de voiles blancs, de cotons, de roses rouges, d'amuse-bouches, de champagne, de lune de miel...j'y reste indifférente. Ce qui me procure plus de plaisir, c'est d'imaginer ma vie après ce mariage, en portant le nom de mon mari, et peut-être, pourquoi pas, son enfant. Je souris seule, assise sur un banc sur le balcon devant New York qui s'assoupie sous mes yeux. Ses lueurs d'été faiblissent et me caresse doucement le visage avec qu'une fine brise apparaît. Entre mes mains, je tiens la bague que m'a offerte Yann, le jour de sa demande. J'y pose alors un léger baiser, comme pour me porter bonheur et regarde le soleil s'éteindre derrière l'immensité de la ville qui, a elle seule, montre ses propres étoiles. Mon dieu, mais qu'est devenue la campagnarde d'il y a quelques années ? Celle qui tremblaient à côté des immeubles et ignoraient ce qu'était un StarBuck ? Aujourd'hui est bien différent.
Alors c'est ça ma vie ?
- Lee ? m'apelle doucement Angie en ouvrant la porte fenêtre.
- Oh, désolé, sursautais-je. J'avais envie de m'éloigner quelques minutes et...


Elle lève la main pour m'arrêter et vient s'asseoir à côté de moi. Un moment de silence paisible nous entoure. Quand ai-je senti autant de quiétude pour la dernière fois ? Je crois que c'est...
- Angie ?
- Mmh ?
- Avant de te marier avec Andy, est-ce qu'il t'est arrivé de...enfin...
- Douter ?


J'acquiesce d'un hôchement de tête.
- Bien sûr, répond-elle avec un sourire chaleureux. Je doutais tellement que je m'en sentais coupable parfois.
- Vraiment ? demandais-je.
- Oui Lee. Tu sais, il y a des moments où l'on ressent un besoin de se poser dans toute cette agitation et parfois même de pleurer car quelque part, nous perdons quelque chose. Bien sûr, me marier avec Andy est la plus belle chose que j'ai pu faire jusqu'à présent et je n'imagine pas une vie sans lui. Mais il est normal de douter.
- J'aime Yann, soupirais-je.


Elle passe son bras autour de mes épaules tandis que je pose ma tête sur son épaule, fatiguée.
- Je sais Lee, répond-elle doucement.
- Alors pourquoi cela me fait peur ?
- Parce que tu restes Lee, cette jeune fille effrayé qui, dans cette galerie marchande en plein hiver, j'ai croisé aux côtés de deux amis protecteurs. Tu étais entre ses deux grands jeunes hommes, toi, la petite fille frêle et fragile qui possédait un grand coeur. Le regard que te lance les gens ne peuvent se passer de l'éclat de joie qui naît en eux lorsqu'il te voit. Il n'y a pas besoin de te connaître pour savoir qui tu es.


Cette quiétude...Quand l'ai-je senti pour la dernière fois ?

- Angie ?
- Mmh ?


...Quand ?

- Merci.

Mes paupières se baissent tandis que nous restons là un moment. Il n'y avait qu'Angie pour apaiser mes craintes, même Jeane n'aurait pas pu. Le noir envellope ma vue et alors je le vois. Ce moment de quiétude, je le sens. Je marche dans une allée, entourée de livres, d'immenses étagères. La neige couvre les fenêtres et seules quelques lumières illuminent la salle. Je continue, comme attirer par ce calme qui m'envahit à chaque pas. Puis, à mesure que je m'approche, une boule chaude gagne ma poitrine, une sensation brûlante alors que ma respiration se fait plus forte. C'est alors que je les vois. Que je nous vois, Yann et moi, dans la bibliothèque, un jour de neige...


***

-...et ici, je pense que le buffet fera l'affaire, me suggère ma mère alors que nous inspectons la salle de réception.

- C'est grand, murmurais-je à Yann alors qu'il caresse ma main.

- Tu trouves ? Je pensais qu'elle serait assez petite pour les quelques invités que nous auront, réfléchit-il. Enfin, si tu veux je peux changer de salle et...

- Non ! m'exclamais-je. C'est juste...une impression, c'est ça ! Et puis, il faut avoir la place de danser.


A ces mots, je l'entraîne avec moi au centre de la piste pour enfin danser dans ses bras tout en me faisant tournoyer comme une princesse. Je me vois alors déambuler dans ma robe crème avec ce fameux corset, tous les regards braqués sur moi. Ils me dévoreront des yeux devant une si belle mariée ! C'est à la fois excitant et angoissant. J'éclate de rire tout en dansant avec lui et dit:
- Quel bon danseur ?
- La seule bonne chose que m'est apporté les mariages de mes amis, rit-il à son tour.
- Voyez-vous ça, riais-je de plus belle, mais il faudra vous surpasser pour notre mariage, monsieur.


La cadence se ralentit tandis qu'il me rapproche de lui. Il en profite pour susurrer à mon oreille:
- Je suis heureux que tu mettes tant d'entrain dans ce mariage. J'avais peur que tout cela t'effraie et que cela ne te passionne pas plus que ça.

S'il savait ! pensais-je. Bien évidement, peu de temps avant le mariage, il est difficile de ne pas s'y mêler et je suis heureuse d'y prendre - enfin ! - tant de plaisir. Même si Jeane reste avant tout le leader de l'équipe d'organisation. Ce qui me rappelle encore que je n'ai pas fait mes voeux ! Rah, Lee ! Tu n'es pas croyable ! Je souris encore, puis me serre contre lui. Ma mère nous regarde tendrement. Entre deux pas, je lui tire la langue avant de rire légèrement comme une enfant. Je suis si heureuse ! C'est si rare de s'entendre l'exclamer mais aujourd'hui, même si le temps est un peu gris pour ce début d'été difficile, je rayonne de bonheur.

***

N'importe quoi.
Logan était parti à Paris en espérant croisé Julian, et maintenant il allait le laisser s'en aller sous de faux propros. Qu'est-ce qu'il faisait ? Ca relevait de l'absurdité et pourtant, les mots qu'avait prononcé Julian avant son départ n'arrêtait pas de résonner. Dans une heure, il embarquerait dans l'avion direction Miami durant un mois. Alors, qu'est-ce qu'il attendait ?
-...Allô ?
- Quitte l'aéroport, déclare Logan d'une voix tranchante.
- Quoi...?! Logan, t'es malade...
- Quitte-le tout de suite.
- Ecoutes Lo', j'ai pas le temps de jouer à ce jeu là. Je dois y aller...
- Fais-le...
- Et pourquoi,hein ? Donnes moi une seule raison qui me forcerait à rater mon avion.
- J'emménage chez toi à l'instant, j'ai une pile de valises dans le salon, je cherches à caser mes affaires dans ton armoire, j'ai posé ma brosse à dent près de la tienne, alors maintenant...Tu te magnes le cul ici.
-...
- Julian ?
- Si c'est une blague, t'es vraiment un salop, soupire le blond désespéré.
- C'est pas une blague idiot, rit Logan. Bon tu te magnes où je renverse toutes tes chemises sur le sol ?

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