My mother, my sister, my daughter

My Mother My Sister My Daughter

- Lee McCole...Melle.McCole....Mme.McCole ! Mr. et Mme McCole...

Assise sur un banc du quai de la gare de New York, je répète inlassablement mon futur nom tout en rêvant de mon mariage. Un sourire béat n'a pas quitter mes lèvres depuis que Yann m'a fait sa demande. Pour l'instant, je ne souhaitais pas trop en parler autour de moi car avec le mariage d'Angie qui a lieu dans quelques jours, je n'ai pas envie d'affoler encore plus les gens autour de moi. Et puis, s'il y a une personne à qui je dois en parler, c'est bien...

- LEE CHERIE ! s'écrie une femme dans la foule, en descendant du train.

...ma mère. Oui, cette femme blonde qui arrive, une valise à la main, vêtu d'un châle vert sur son pull noir, un berret noir sur le tête et son jean préféré avec des tennis noires. Ma mère et moi sommes très proches mais depuis que je vis à New York, nous n'avons pas eu l'occasion de se voir vraiment. Elle n'a jamais rencontré Yann, et ne le connait que par mes dires. J'adore ma mère !

- Salut maman, dis-je en la prenant dans mes bras.

- Ah ! Ce que ça me fait plaisir de te revoir Lee, dit-elle en caressant mon visage. Tu es devenue si belle ma chérie, est-ce ce Yann qui te rend aussi jolie ?

- On peut dire ça, dis-je en la prenant par le bras. Attends, je te prends ta valise...

- Ah merci, si tu savais ce que j'ai dû me battre pour venir ici SANS TON PERE, soupire-t-elle.

- Vraiment ? Dis-je en riant. Il souhaitait voir son futur gendre je suppose.

- Oui, il était excité comme une puce à l'idée que tu te maries tu sais, explique-t-elle en souriant. Mais bon, je crois qu'il t'aurait fait un peu honte lui et ses blagues qui ne font rire que lui-même.

- "Qu'est-ce qu'une blague à deux balles ? PAN PAN", riais-je.

- Et dire qu'il a sorti ça à un enterrement ! Dit-elle exaspérée.

- Maman, il ne pouvait pas savoir que le défunt était mort lors d'une fusillade, dis-je dépitée.

- Oui, mais vu le contexte, cela ne m'étonne pas qu'il y ait eu un grand silence. Le don de se faire remarquer est de famille on dirait, rit-elle.

- Ah ça ! Je peux te le dire, riais-je. Je suis si heureuse que tu ais pu venir. Je m'en veux de ne pas venir aussi souvent à la maison mais avec la gallerie, les amis, Yann, l'appartement et mon chat...

- Tu as un chat ?!

- Bah oui je...Oh non...





Yann n'a jamais vraiment eu de chance sur le plan familial. Son père était absent, sa mère le laissait à la femme de ménage ou son assistante et quand ils se séparèrent, son père se remaria. Malgré la richesse dont il disposait, les voitures, voyages et autres plaisirs ne comblaient pas le vide persistant qui s'était creusé durant ses années. Il devint réservé, se referma sur lui-même, ayant toujours une attitude morose et méprisait les gens qui l'entourait...
Jusqu'au jour où une fille de campagne, venue de nulle part, attira son attention un jour de rentrée.

- Euh...Excusez-moi, je cherche la chambre 768B qui se trouve dans le bâtiment A, mais visiblement je me suis perdue, est-ce que vous pourriez m'aider ?

D'abord étonné que la jeune fille eut l'idée même de les aborder, il devint perplexe puis amusé par la naïvté de cette petite campagnarde qui n'allait pas tarder à subir les foudres d'Andy. Ce n'était pas la première fois qu'il assistait à des scènes d'humiliations sur des jeunes filles. A vrai dire, il s'y était même habitué mais ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de voir ça...

- Non mais oh, tu te prends pour qui, connard ? ! M'écriais-je. Je viens juste d'arriver dans cet établissement que tu m'agresses, sous prétexte que t'es riche et con ! Alors fais-moi le plaisir de ne pas gaspiller ta salive pour moi, compris ? Quant à toi, Ashton, c'est ça ? En effet, la pauvre SDF que je suis souffre, et tu sais de quoi je souffre ? De ta connerie...En effet, c'est vraiment écoeurant. Alors un conseil, tous autant que vous êtes, apprenez le respect envers les gens...


C'est le sourire aux lèvres qu'il repense à cette petite brune qu'il avait vu dans ce couloir. Il n'aurait jamais pensé qu'il se marierait un jour avec elle et pourtant ! Mais dans toute sa vie, Yann a malgré tout été aimé par une autre fille.








Toujours ces entretiens interminables, ces filles en jupons et au chignons serrés, patientant dans le hall de la maison. Toujours ces dossiers, ces recommandations, ces CV et ce long et innattendu verdict qui s'avérait être la plus part du temps:
- Merci, on vous rappelera...

Et encore une qui s'en va, traitant de tous les noms ma mère. Cette femme rigide, qui n'a même pas levé un sourcil quand je suis venu au monde alors que mon père ouvrait une nouvelle entreprise à Tokyo. Ce qui se résumerait à 9 mois de bonheur pour une femme enceinte se résumait à une date d'échéance repoussé pour un rendez-vous important de ma mère, soit une contrainte dans sa carrière professionnelle. A peine ai-je su marcher qu'on me confia à une nourrice, Lynette. A six ans, ils l'ont renvoyé pour avoir volé une bague que ma mère ne portait même pas. Bref, ma vie n'avait rien de merveilleux, et le mot famille me dégoûtait particulièrement quand il venait dans une conversation me concernant. Ils n'était et ne sont pas mes parents, je n'étais et ne suis pas leur enfant. Ils étaient et sont mes géniteurs, j'étais et suis leur progéniture aussi catastrophique qu'un crash boursier dans leurs existences.
Comme tous les six mois depuis maintenant 3 ans, ma mère cherche une assistante capable de répondre à ses exigences, mais aussi capable de jouer la baby-sitter. Après un long défilé de jeunes femmes longilignes sur des escarpins noires Gucci, dont les lèvres étaient teintées de rouge de fraise Dior, ce fut en fin d'après-midi que ma mère choisissa Norah Tyler. Une femme châtain, assez jeune, sérieuse et souriante.
J'avais dix sept ans à l'époque, et j'adorais causer des emmerdes à mes parents comme coucher avec des professeurs, sècher les cours, provoquer le chaos en cours, écrire des obsénités dans leurs dossiers de travail...etc.

Norah fut la seule personne à qui je pus parler réellement. Elle m'a vu pleuré une fois, m'a consolé sans poser de questions. On passait du temps ensemble quand elle devait me "garder". C'était une belle amitié qui de jour en jour s'intensifiait jusqu'au jour du dérapage...


- J'arrives pas à croire que tu ais pu dire ça à ton prof, rit Norah, allongée à côté de moi.

Elle rit aux nombreuses misères que j'inflige à ceux qui m'entoure, tout en se rattrappant en me faisant la leçon de temps à autre. J'avais arrêté peu à peu, et commençais à me concentrer sur mes études sérieusement et songeait à mon avenir. Norah me soutenait corps et âme et n'hésitait à m'engueuler pour me remettre à l'ordre. Plus je la connaissais et plus je l'aimais mais elle l'ignorait jusqu'à ce que je lui avoue. Il neigeait ce jour-là, nous étions seuls dans cette immense maison. Nous parlions et tout et de rien, réfléchissant à notre avenir.
- Et Sarah ? Demande-t-elle en souriant.

- Sarah, cela fait un mois que nous ne sommes plus ensemble, soupirais-je. Ces filles qui me trouvent mystérieux m'agacent. Elles imaginent que je suis quelqu'un de gentil et sensible, compréhensif par la même occasion...

- Et tu l'es, s'indigne Norah. Yann, tu ne laisses pas aux gens l'occasion de connaître ta personnalité alors que tu te ferais plein d'amis tu sais. Ouvres-toi aux gens Yann, je suis sûre que tu pourrais te faire pleins d'amis...

- Je n'en ai pas besoin, soupirais-je. Tu es la seule qui me connaisse vraiment Norah et ça me suffit amplement. Personne ne m'a vraiment appris à parler aux gens ou même avoir une discussion sérieuse, il n'y a que toi qui ait eu la curiosité de vouloir me connaître.

- Et si je t'ai trouvé très gentil et sympathique alors d'autres personnes auront l'occasion aussi de le voir...


Je la regarde perplexe tandis qu'elle sourit toujours, optimiste à l'idée que je rencontre d'autre personne.
- Et si je ne veux que toi ? Demandais-je.

Sur ces mots, je l'embrasse par suprise la serrant contre moi. J'en avais déjà eu des filles, mais avec Norah c'était différent, je voulais lui montrer que je l'aimais, être près d'elle. Notre baiser se fait plus passionné tandis que je commence à ôter ses vêtements.
- Yann, on ne peut pas faire ça....dit-elle en essayant de me retenir.

Je n'entends plus rien et veux juste la sentir près de moi, l'avoir toute entière. Je me fiche bien de transgresser les règles de la raison, de mon âge par rapport au sien, de mon rang par rapport au sien, de mes parents qui l'ont engagés comme employée. Rien ne peut m'empêcher à cet instant de lui faire l'amour, rien ne me séparera d'elle.


Les jours qui suivirent, Norah m'évita, se sentant fautive d'avoir céder finalement à mes avances sincères. C'est lorsque je suis rentré la lèvre ouverte et un bleu au visage qu'elle accourut auprès de moi, bousculant presque la servante de la maison pour s'approcher de moi.
- Yann ! Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Demandais-je avec agressivité.

- Yann, soupire-t-elle tout en examinant mes blessures. Tu sais très bien que je n'aime pas qu'on te fasse du mal.

- C'était juste un malentendu, bougonnais-je, maintenant foues-moi la paix tu veux...

- Pourquoi tu agis comme ça ? Demande-t-elle étonnée.

- Tu me le demandes ?! M'écriais-je.

La servante nous laisse seuls dans le hall silencieux où nous nous dévisageons longuement. Consterné, j'évite son regard, préférant ignorer l'indifférence dont elle fait preuve à l'égard de mes sentiments. Je me demandais si j'étéis destiné à rester seule. Soudain, Norah relève mon visage vers elle et m'embrasse amoureusement puis me dit:
- Tu me promets de ne plus recommencer ?

- Si tu ne laisses pas alors oui, répondis-je.

- Marché conclus, rit-elle. Je sais pas où ça va nous mener mais ça ne sera pas une très belle fin...

- Alors profites de l'instant présent, dis-je avant de l'embrasser à mon tour.


Bien sûr, inutile de préciser que ça n'a pas pu tenir. J'étais trop jeune et ma mère avait fini par licencié Norah. Malgré ça, nous avons gardés contact durant quelques temps. Puis elle s'est marié avec un jeune homme qui lui a donné un petit garçon et moi j'ai eu le temps de rencontrer Lee, après de nombreux obstacles mais maintenant, je me suis juré de ne plus jamais la laisser partir.
Je repense à tout ça, et finit même par oublier pourquoi je suis ici...




- Yann ! S'écrit une jeune femme au loin, tenant deux valises.

Un sourire s'esquisse sur le visage de l'homme brun qui ne peut s'empêcher de contenir sa joie et de la saisir dans ses bras. Une étreinte qui en dit long sur le passé de ces deux personnes et toujours ce sourire complice et ce regard secret où il pense à la même chose: "Personne n'a jamais connu notre histoire. C'est notre secret". Certes elle ne fut pas longue mais elle avait sauvé le jeune homme perdu qu'était cet homme mûre et sur le point de se marier aujourd'hui.
- Ca me fait plaisir de te voir "Grande soeur"...

- Et moi donc ! J'ai eu peur que mon avion prenne du retard mais finalement j'ai eu de la chance, dit-elle. Oh Yann, comme tu as changé...Tu es un homme maintenant.

- Oh je t'en prie, se plaint-il. Tu dis ça comme si tu étais vieille...

- Mais c'est le cas hélas, rit-elle. Enfin...comment est-elle ?

- Lee ? Merveilleuse, répond-il le sourire aux lèvres. La meilleure chose qui puisse m'arriver et c'est bien pour ça que je compte me marier avec elle.

- Si elle te plaît, elle me plaira certainement, conclut la femme aux cheveux châtains. Ca me fait plaisir que tu m'ais demandé de venir Yann, même si je pense que ta mère aurait été heureuse d'être à ma place.

- Pff...elle n'est même pas au courant que je me marie et je n'ai pas l'intention de lui annoncer, ni à mon père d'ailleurs, répond haineusement Yann.

- Yann, tu devrais tout de même leur annoncer malgré vos relations chaotiques, s'inquiète Norah.

- Norah, tu sais très bien ce qu'il en est de mes relations avec eux. Il n'y en a jamais eu alors pourquoi je perdrais mon temps avec eux, soupire Yann. Ecoute, je n'ai pas envie de parler d'eux car ces temps-ci je suis heureux, je vis ma vie comme je l'entends. Si je t'ai demandé de venir c'est qu'il n'y avait que toi que je voulais voir à mon mariage et personne de ma famille. Tu es comme une grande soeur pour moi Norah, et je te considère comme ma seule et unique vraie famille.

Norah lui sourit et le prend par le bras, tout en marchant à ses côtés. Elle rajoute:

- Et je serais toujours là pour toi Yann. Je veux juste m'assurer que tu es sûr de ne pas regretter leur présence. Bien passons, dis-moi comment elle est ?!


Yann rit légèrement et déclare:
- C'est une jolie brune, aux yeux noisettes, très drôle et maladroite à la fois mais c'est ce qui fait tout son charme. Elle est sincère et même un peu naïve parfois mais c'est une battante. Elle est très impulsive et très gourmande, mais je ne m'en plains pas car sans ça ce ne serait pas une bonne cuisinière. Ele est toujours à l'écoute et sais lorsque j'ai un problème. Quand je la vois j'ai envie de lui faire plaisir, de lui acheter des cadeaux. J'aime la voir heureuse et je l'aime profondément.

- A-t-elle les mêmes sentiments à ton égard ?

- Tu sais, plusieurs fois nous avons été séparé sans savoir vraiment si nous nous reverrions un jour mais le destin nous a toujours réunis d'une façon ou d'une autre et à chaque fois, elle m'attendait. Elle m'a toujours attendue et m'a toujours aimé et j'avoue que je ne sais pas si j'aurais attendue aussi longtemps qu'elle. Mais le fait est que maintenant je ne veux plus passer un instant sans être près d'elle. Je vois ma vie avec elle et personne d'autre, explique-t-il. Je n'ai jamais aimé personne comme elle...Même pas toi.

- Elle doit être exceptionnelle pour que tu puisses la décrire ainsi Yann et je suis sûre qu'elle pense la même chose de toi, répond Norah heureuse. Je suis si heureuse que tu ais trouvé la personne qui te correspond et je serais là pour te soutenir...

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