Le reflet de mon âme

Le reflet de mon âme

- Cela fait un mois, Lee...



- Il va bientôt se réveiller Jeane, j'en suis sûre.

- Lee, je sais que tu veux garder espoir mais tu devrais songer au fait qu'il ne puisse pas se réveiller, continue-t-elle.


Nous marchons dans le parc de Central Park tandis que la pluie menace de tomber. Le soleil commence à disparaître à la fin de l'été mais je me demande si il ne reflète pas mes doutes et mes appréhensions les plus profondes. Jeane n'est pas la première à me dire ça, mais j'espérais qu'elle ne fasse pas parti de ces gens qui, eux, n'ont plus d'espoir.

-... Si je te dis ça c'est uniquement dans ton intérêt Lee. Je ne veux pas te voir souffrir plus que tu ne le fais déjà. Et puis tu n'as même pas pleuré lorsqu'on l'a interné et je crois que tu ne réalises pas vraiment ce qui...

- De toi à moi, je crois être la mieux placée pour savoir ce qui se passe Jeane ! m'écriais-je. Ne l'enterres pas déjà alors qu'il est encore là !



Sur ces mots, je la quitte et me mêle à la foule tandis qu'elle essaye de me retenir mais en vain. Les feuilles d'automne apparaissent peu à peu et j'aimerais te retrouver assis sur le canapé tout en lisant son journal le "New York Times" que tu abandonnes lorsque je rentre enfin après avoir été longuement éloignée de toi. Mais Jeane ne sait rien de mes larmes, des bras d'Ashton qui m'ont consoloé, de Norah qui me soutient malgré tout et qui, tout comme moi, crois en son réveil. personne ne sait ce que l'on vit dans une totale incertitude. On avance sur un fil de cristaline qui menace de céder. Notre chute sera d'un côté ou de l'autre, et dans l'un de ces précipices, il y a la mort de Yann. Alors je m'accroche à ce fil, espérant que l'on me rattrape et que l'on me dise enfin que je peux le lâcher sans craindre de le perdre. Cela ne me plaît pas de pleurer des nuits, de rester peu de temps à la gallerie, de me renfermer sur moi-même.
Cela ne me plaît pas, Yann.


La pluie se met à envahir les rues tandis que j'arrive dans le hall de mon immeuble. J'aurais aimé revivre le jour où j'ai emménagé ici, en pyjama mais heureuse malgré tout de le retrouver. Je prends l'ascenceur et rentre chez moi, découvrant que Norah n'était pas encore rentrée. Elle devra repartir dans une semaine mais doit encore négocier avec son travail pour pouvoir rester. J'apprécie ce qu'elle fait: ne pas me poser trop de question et faire comme si de rien était. Elle est plus brave, plus forte que moi...Je veux avoir cette force qui l'a fait marcher chaque jour avec ce sourire qui illumine mes journées lorsque jepense toucher le fond. Quand ai-je été aussi triste pour la dernière fois ? Yann, tu n'es plus ce lycéen auquel je tenais, tu es beaucoup plus.
J'écoute mes messages. Toujours les mêmes depuis quelques semaines, sauf un...:
"Salut Lee, c'est Andy. Je sais que tu ne rentres pas chez toi souvent mais j'aimerais avoir de tes nouvelles. Angie t'embrasse et t'encourage. Mais je sais que tu n'aimes pas que l'on te plaigne....

Je souris.

...ma petite Lee. Je dois avouer qu'il aura fallu ça pour que je réalise à quel point je tiens à toi comme à propre soeur. Et si j'étais ton frère, je te dirais de te battre Lee. Ne pleures plus, lèves-toi, va à la galerie, cuisine nous encore tes plats, et n'est plus peur de rire. Allez Lee, petite fille de caractère que tu es, tu nas rien à faire chez toi embrumés dans tes larmes.
Nous t'aimons Lee"



Je crois qu'il aura fallu ce message pour que je puisse vraiment réaliser à quel point j'étais abbatue. Ses paroles m'ont saisient et c'est avec désolation et colère que je me vois dans la glace, les cheveux malcoiffés, tenu par un simple crayon, ma peau si terne, mes ceres encrées...Qui est cette femme que je vois dans le miroir de mon salon ? Ce ne peut pas être moi ! Yann n'ai pas amoureux de cette femme. Celle qu'il aime, il a trouve, jolie, souriante, au regard vif et aux cheveux bruns relâchés. Relâchés...De la pointe de mes doigts, je pris le bout de ce crayon qui soutenait ces mèches désordonnées. Je crois que je n'ai jamais été plus en colère! Une colère vive mais non violente, qui me perça à jour. J'inspirais la pitié et ce n'est pas ce que je voulais ! Ce n'est pas ce qu'il aurait voulu...


- Lee, c'est moi Norah, je suis là ! S'écrie Norah en déposant son manteau.

La femme châtain s'arrête brusquement, sentant une douce odeur flottée dans l'air. Une odeur agréable, une odeur de ses plats qui nous donnent envie. Elle s'approche de la cuisine et m'y voit, devant la poêle, chantonnant un air de jazz avec un verre de vin à la main. Je crois que mon allure la surprise. Cette femme brune aux cheveux longs attachés par un bandeau, dans un pull de lain bleu, accompagné d'un jean noir, semblait heureuse, préparant un repas délicieux pour son amie. Du moins, c'est comme ça que me voyait Norah:
- Eh bien ! s'exclame-t-elle. Que tu es jolie ! C'est en quel honneur ?

- Oh..j'ai toujours été comme ça, dis-je fièrement avant de rire. Je crois que j'avais seulement oublié qui je suis durant un moment. Et puis Yann n'aurait pas voulu me voir comme ça...

- Tu as raison, affirme-t-elle en posant sur mes épaules ses mains. Tu as tout à fait raison, et au moins, je crois que Yann veut que je connaisse cette facette de toi. Celle souriante et pleine de vie...Bon, je m'occupe des couverts, car j''avoue avoir vraiment très faim.


Je lui souris, puis elle commence à mettre la table.


Je crois qu'au fond, je ne suis pas seule dans cette histoire. Norah et les autres sont toujours à ma disposition, quoiqu'il arrive et il en serait de même pour eux. Il ne faut pas que je m'affaiblisse.

Je t'attendrais Yann, je t'attendrais...

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