En couple... ou quoi ?

En couple...en quoi ?


La journée est assez tendue depuis l'arrivé de Yann qui ne sourit pas d'un pouce, tandis que ma maladresse légendaire et mes blagues ne font aucuns effets sur sa mère qui ne cille pas d'un poil. Contrairement à son père qui se montre le moins frigide des trois - c'est de famille ou ils ont sérieusement complotés contre moi pour me faire passer pour une idiote ? Je leur sers un café et essaye de ne pas en faire tomber à cause de mes mains tremblantes sous l'ambiance oppressante qu'il y a dans le salon. Je commence sérieusement à regretter d'avoir eu cette idée de les inviter. Mais je ne m'avoue pas vaincu ! Lee Ryans ne baisse jamais les bras !
- ...Alors Lee, commence Matthew McCole, le père de Yann, comment ça se passe avec votre galerie d'art ?

- Oh..bien, très bien même, nous gérons l'agence à deux avec une collègue et aussi une amie, expliquais-je détendue. Nous avons beaucoup de monde lors de nos expositions, et essayons d'avoir de bonnes critiques, ce qui arrivent souvent.

- On peut avoir de bonnes critiques sans être pour autant à la première place, affirme enfin Elizabeth, sa mère tout en buvant une fine gorgée de son café avtn de se grimacer. Se contenter de si peu, implique toujours que nous restons à la même place.

- Euh, oui mais...bredouillais-je gênée.

-...mais les critiques peuvent s'avérer encourageante moralement, complète Yann froidement, et peuvent contribuer au flux permanent de visiteur. Et puis, tout le monde ne vit pas que pour son travail au point d'oublier qu'il est humain et qu'il n'est pas obligé d'atteindre la perfection. La plupart de ses personnes finissent par oublier ses priorités...Lee n'est pas de ces gens là, mère.

La mère et son fils s'échangent un regard glacial, mais c'est elle qui baisse la tête en premier avant de pouvoir répliquer. Son père reste fixé sur sa tasse, la tête incliné comme honteux. Je me sens assez gênée et saisis un plat en disant:
- Euh...qui veut un cookies ?!

Les trois personnes me fixent alors soudainement, étonné.
Oups...

***

- Pourquoi tu restes avec ton frère ?

Logan lève la tête de son oreiller et de regarde le beau blond se rhabiller devant lui, enfilant enfin sa chemise.
- Comment ça "pourquoi tu restes avec ton frère" ?

- Bah, vous vivez dans le même logement...Ca doit être agaçant parfois, remarque Julian.

- C'est vrai que tout n'est pas rose et que je dois me plaindre de lui pas mal de fois mais, ce n'est pas non plus dramatique, affirme Logan en se redresse nu dans le lit, une clope à la bouche. Mais pourquoi ça te préoccupe autant ?

- Eh bien, bredouille Julian en boutonnant sa chemise tout en s'asseyant sur le lit. Je me disais qu'on pourrait, enfin, tu viens souvent ici et tu as même des affaires qui sont ici, alors pourquoi ne pas emménager ?


Logan lève un sourcil, perplexe, et laisse une fumée s'échapper doucement en une une bouffée de nuages. Julian, embarassé, esquisse un sourire gêné et bégaye en se levant:
- Euh...laisses tomber...c'était stupide. Je ne sais pas ce qui m'a pris je...

Soudain, Logan s'aggripe à la chemise de l'italien et le tire vers lui pour l'embrasser. C'est un baiser doux qu'il lui offre avant de soupirer:
- Ca ne servirait à rien que j'habite ici, explique-t-il, je tiens à ma liberté Julian. Ne te souviens-tu pas de nos promenades de pleines lunes où nous dormions n'importe t'où ? Crois-moi, cela ne servirait un rien...

- Justement si, persiste le jeune italien. Ca pourrait consolider notre relation plus qu'elle ne l'est déjà. Logan, tu ne vas pas toute ta vie érrer dans les rues ! On est plus des gamins, faut qu'on puisse se poser. Et je pensais que tu souhaiterais te poser avec moi...

- On a pas besoin de ça ! soupire Logan en s'allongeant sur le lit, fixant le plafond. Tu te prends la tête pour rien...De plus, ma vie est très bien comme elle est. Pourquoi cet élan soudain de vouloir vivre ensemble ?

- Ce n'est pas soudain, s'entête Julian, le visage grave. Je cherchais l'occasion pour t'en parler mais de toute évidence j'aurais dû m'abstenir.

- Rhô ! Tu vas pas en faire toute une montagne ! s'exclame Logan, exaspéré.

- Je pars pour un mois à Miami dès demain...


Logan se redresse brusquement, jetant sa clope au sol, et regarde intensément Julian qui se prépare à quitter la chambre.
- Mais...

- J'espérais seulement avoir la certitude de te voir ici en rentrant, le coupe sèchement Julian. Mais ceci semble trop demandé pour monsieur le volage...


A ces mots, Julian quitte les lieux sans adresser un moindre regard à son amant. Après son départ, Logan se recroqueville sur lui-même entre les draps froids qui l'entourent, avec pour seule compagnie le goût amer de la solitude.

***



- Je pourrais rester là éternellement, soupire Dana dans les bras d'Adrian.

Celui-ci ressert son étreinte contre son torse nu et l'embrasse tendrement. Dans la chambre sombre, Dana et lui s'accordent un moment intime, éloignés des soucis du quotidien. La présence de la japonaise dans la vie d'Adrian était devenue une routine, presque indispensable au bon déroulement de la semaine. Chaque jour où ils ne pouvaient se voir était un jour triste et morne. Ce Vendredi soir, ils s'étaient organisés une soirée des plus romantiques avec vin et chandelles, accompagnée d'une ambiance des plus douces avant de passer leur nuit ensemble. Dana n'avait jamais pris autant de plaisir à combler un homme et autre chose que son travail, jusqu'à présent le point culminant de sa vie avant leur rencontre. Adrian songe à tout ça, à la tournure d'une simple rencontre de deux âmes esseulées dans un bar miteux. Et pourtant, leur amour dépasse l'entendement...
- Ah...je n'aurais jamais pensé pouvoir vivre tout ça Adrian, avoue-t-elle tout en faisant des cercles du bout de son index sur son torse nu.

- Quoi donc ?

- Ca, cette vie avec un homme, le voir le plus souvent possible...alors que je m'étais jurer de ne plus me laisser berner par ces sensations grotesques que l'on vit lorsqu'on est amoureuse, explique-t-elle. Et tu sais quoi ?

- Quoi ? demande-t-il en se redressant au-dessus de la tête de la jeune fille.

- Je suis amoureuse Adrian, dit-elle d'une voix fluette. Je le suis vraiment...et ça me fait peur. Je nai pas envie de rester encore un mois enfermée chez moi à grossir parce que j'ai cru un instant que j'avais enfin trouver l'homme de ma vie. Et si je te dis tout ça aujourd'hui c'est pour que tu prennes conscience de ce qu'il en est. Plaques-moi maintenant ou...fais-moi comprendre que mes sentiments sont réciproques. Je ne sais pas...


Adrian, pris au dépourvu incline les yeux et se remet à sa place sans un mot. Un silence sourd envahit la pièce tandis que Dana lui tourne le dos. Ce silence est trop long, qu'il le brise, pense-t-elle, qu'il le brise maintenant ou...La honte saisit son coeur, quand Adrian déclare soudainement:
- Tu es la première...

- Quoi ? demande-t-elle en se redressant.

- J'ai toujours enchaîné les filles, les unes après les autres, depuis toujours. Aucune ne m'a semblé indispensable jusqu'à ce que je commence à m'attacher à Jina. Puis, je me suis dit que s'attacher à quelqu'un n'avait rien d'agréable et ne vous apportait rien. Mais toi, tu es la première à m'être indispensable. Parfois quand je rentre chez moi, je m'imagine que je te verrais sur le canapé, assise dans le salon pour me faire une surprise. Quand je suis seul, que j'aperçois quelques couples, ou que des amis se plaignent de leur compagne, je ne me plains pas et me demande ce que tu fais en ce moment avec un sourire béat que les gens s'empressent de remarquer. Alors...je n'ai pas l'intention de te laisser partir, pas aujourd'hui, ni demain, ni dans un mois, peut-être dans un an qui sait mais j'en doute. Tu peux te vanter d'avoir un esclave à tes pieds...


Il rit légèrement et se redresse à la même hauteur qu'elle. Des gouttes perlent sur les joues crème de Dana, tandis qu'elle ne sait quoi dire. Cela lui semble si irréel: Adrian qui lui sourit, ne cille pas. Il sait ce qu'il veut et n'attend pas de réponses. Il lui appartient, c'est tout...et ça lui suffit.
- C'est banal, n'est-ce pas ? A croire que je fais parti de ces mecs niais et rêveur, rit-il légèrement. Mais, c'est malgré moi...et ça me plait. Alors, je ne te plaquerais pas ce...


Il n'a pas le temps de terminer sa phrase que Dana se jette sur lui pour l'embrasser passionément. Ses doutes s'étaient évaporés et, les joues encore mouillées avec un sourire malicieux, elle murmure:
- Tais-toi esclave, et fais-moi l'amour jusqu'à demain...

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